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En Chine, des scientifiques et ingénieurs de l'Institut de physique des plasmas de l'Académie chinoise des sciences (ASIPP) viennent de dévoiler l'aimant supraconducteur du futur réacteur à fusion Best (Burning Plasma Experimental Superconducting Tokamak), en construction à Hefei. Il s'agit du plus grand aimant de ce type au monde destiné à un réacteur à fusion.
Cet énorme bloc magnétique pèse 582 tonnes, c'est-à-dire le poids de quatre Airbus A380 à pleine charge. Il mesure 21 mètres de long, 12 mètres de large et 3,3 mètres de haut. L'aimant a la vague allure d'un gros donut et c'est l'un des éléments clé d'un réacteur à fusion nucléaire.
En forme de tore, cet aimant dit « à champ toroïdal » est le dispositif qui génère le champ magnétique indispensable au confinement du plasma chauffé à plusieurs centaines de millions de degrés Celsius (soit dix à vingt fois la température au cœur du Soleil !). Sa puissance magnétique permet de maintenir ce plasma éloigné des parois du réacteur pour que la réaction de fusion puisse se sustenter.
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L'aimant est donné avec une durée de vie d'au moins 60 ans et il doit fonctionner à la fois à des températures extrêmes, proches du zéro absolu (environ -269 °C) tout en étant traversé par des courants électriques colossaux et en encaissant un rayonnement intense. L'aimant et la bobine vont être intégrés au tokamak de Best pour un premier essai de génération de plasma attendu fin 2027 ou début 2028. A priori, ce calendrier devrait être respecté puisque l’aimant qui vient d'être validé par les experts est le composant le plus critique et le plus difficile à fabriquer.
“人造太阳”重要突破
A major breakthrough for #China’s "artificial sun"! The superconducting magnet of the world's largest fusion reactor has passed acceptance tests. pic.twitter.com/atNBrgPuQB
Un aimant de 582 tonnes : ce que cela signifie concrètement
Par rapport à son équivalent dans le projet international Iter qui se trouve sur le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône en France, cet aimant chinois présente un volume supérieur de 30 % et une capacité de stockage d'énergie trois fois plus grande. Ce surcroît de taille et de performance va conditionner directement la durée et la stabilité des impulsions plasma, et donc la faisabilité d'un régime continu de fusion.
En parallèle de cet aimant, une bobine solénoïde centrale supraconductrice à haute température a également été dévoilée. Cette bobine joue un rôle complémentaire. Elle initie et contrôle le plasma en générant un champ magnétique axial. La Chine a donc un coup d'avance sur la fusion alors qu'elle contribue également à hauteur de 9 % du budget du chantier du réacteur expérimental Iter avec 34 autres nations. Rappelons que son objectif est de produire 500 mégawatts de puissance de fusion pour 50 mégawats injectés. Iter vise son premier plasma à l'horizon 2034 et sa phase deutérium-tritium vers 2039-2040.
Vers des années d’avance sur la fusion ?
La France possède également son propre tokamak de recherche avec West, opéré par le CEA. En février 2025, West avait établi un record mondial en maintenant un plasma pendant plus de 22 minutes, un exploit qui dépasse en durée brute, les performances chinoises en matière de durée de confinement.
Mais West reste une machine de recherche sur les plasmas à longue durée, pas un réacteur dimensionné pour la fusion énergétique. Or, de son côté, la Chine développe également d'autres programmes comme East, qui était parvenu à confiner du plasma en janvier 2025 durant près de 18 minutes à 100 millions de degrés. De ces deux records, seule l'expérimentation chinoise a permis de créer les conditions réelles à la fusion.
La fusion nucléaire, énergie propre et quasi inépuisable comme celle du Soleil, se heurte à un défi technologique titanesque : maîtriser un plasma à 100 millions de degrés. Deux approches dominent, les tokamaks et les lasers, toutes deux dopées par l’IA, qui accélère les progrès. Mais les défis techniques et éthiques restent immenses. L’IA peut-elle vraiment transformer ce rêve énergétique en réalité industrielle ?... Lire la suite
Contrairement aux autres projets, Pékin entend bien maîtriser l'intégralité de sa chaîne de valeurs, qu'il s'agisse des supraconducteurs en niobium-étain jusqu'à l'assemblage des grandes pièces magnétiques, en passant par les systèmes de contrôle du plasma.
Cette philosophie, on la retrouve dans de nombreux domaines et notamment avec les robots humanoïdes ou l'IA avec une programmation industrielle d'État accélérée et coordonnée avec la recherche de résultats concrets rapide.


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