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La Chine fait voler deux chasseurs de 6e génération sans dérive le même jour : les États-Unis, eux, n’ont toujours pas décollé

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Le 26 décembre 2024, la Chine a fait voler simultanément deux chasseurs de 6e génération sans dérive verticale. Pas lors d’un salon aérien officiel. Pas avec un communiqué de presse. Deux prototypes de chasseurs ont décollé le même jour, immortalisés par des habitants des zones survolées, et leurs images ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Le message était pourtant limpide : Pékin peut désormais tester, en simultané, deux architectures de combat aérien que le reste du monde peine encore à produire en prototype unique.

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À retenir

  • Deux programmes chinois volent en parallèle : qu’est-ce que cela révèle sur l’architecture militaire de demain ?
  • Washington privilégie les budgets massifs, mais Pékin construit déjà ses prototypes : qui gagne cette course ?
  • L’absence de dérive verticale sur les deux appareils : un simple choix esthétique ou une révolution doctrinale ?

Sommaire

  1. Deux appareils, deux stratégies industrielles
  2. Une stratégie de prototypes multiples que l’Occident a oubliée
  3. Le F-47 américain : solide sur le papier, en retard dans les airs
  4. Entre prototype et système de combat : le gouffre qui change tout

Deux appareils, deux stratégies industrielles

La Chine semble avoir franchi une étape majeure dans la course mondiale. Deux programmes distincts sont désormais observés en essais : un appareil lourd développé par Chengdu Aircraft Corporation, souvent désigné J-36 par les analystes, et un appareil plus compact attribué à Shenyang Aircraft Corporation, fréquemment appelé J-50. Deux constructeurs, deux bureaux d’études, deux réponses différentes à la même question : à quoi ressemble le chasseur de 2035 ?

Le J-36, attribué à Chengdu Aircraft Corporation, est le plus impressionnant des deux. Les analyses à partir d’images satellites d’août 2025 évoquent une envergure d’environ 19,8 mètres et une longueur proche de 18,9 mètres. Sa configuration intrigue encore davantage : planform très large, absence de dérive verticale visible, volume interne important et présence probable de trois moteurs. Une configuration triréacteur inédite dans l’histoire des avions de combat opérationnels, qui signale une ambition de portée et de puissance brute hors norme.

Le second appareil, souvent appelé J-50 et attribué à Shenyang Aircraft Corporation, semble plus petit que le J-36, mais tout aussi ambitieux. Les images diffusées en 2025 ont mis en évidence une cellule tailless, des lignes très travaillées pour la furtivité et une architecture différente de celle du J-20. Les analystes y voient moins un remplaçant direct du J-20 qu’un autre axe de développement : un appareil probablement plus agile, toujours furtif, et potentiellement mieux optimisé pour certaines missions de pénétration ou de combat collaboratif.

L’absence de dérive verticale sur les deux appareils n’est pas un caprice esthétique. Cette architecture vise d’abord la furtivité et l’autonomie. L’absence de dérive verticale réduit les surfaces qui renvoient les ondes radar, un choix cohérent pour un appareil destiné à pénétrer ou à contourner des zones défendues. La manœuvrabilité en pâtit, compensée par la poussée différentielle des moteurs. Un compromis assumé, qui dit beaucoup sur la doctrine de ces machines : elles ne sont pas conçues pour un duel tournoyant à basse altitude, mais pour frapper loin, vite et discrètement.

Une stratégie de prototypes multiples que l’Occident a oubliée

Le programme Shenyang révèle une stratégie industrielle chinoise très claire : faire travailler plusieurs bureaux d’études en parallèle. Chengdu et Shenyang n’ont pas produit la même réponse, ils explorent deux architectures. C’est exactement ce que les États-Unis ont fait avec plusieurs démonstrateurs furtifs pendant la guerre froide. La concurrence interne permet d’accélérer, de comparer et de réduire le risque. Washington avait ce réflexe dans les années 1970. Il l’a progressivement abandonné au profit d’appels d’offres uniques, plus lisibles comptablement, mais moins efficaces pour innover vite.

Les nouveaux chasseurs chinois sont conçus pour fonctionner au sein d’un « système de systèmes », regroupant drones, missiles à longue portée et les forces terrestres, maritimes et aériennes. De nouvelles images et vidéos datées de 2026 montrant le J-50 de Shenyang laissent penser au lancement d’une campagne de vol, dans le prolongement des apparitions publiques du 26 décembre 2024. Le programme ne s’est pas arrêté à un effet d’annonce : il a continué, méthodiquement.

Le F-47 américain : solide sur le papier, en retard dans les airs

Le F-47 est aujourd’hui le programme le plus solide sur le plan budgétaire. L’US Air Force a attribué à Boeing le contrat de développement en mars 2025, ouvrant la voie à la conception détaillée, aux essais, aux premiers appareils de test et à une possible production initiale. Les documents américains évoquent environ 3,5 milliards de dollars en FY2026, plus de 5 milliards de dollars en FY2027, puis près de 5,3 milliards de dollars en FY2028 pour la recherche, le développement, les essais et l’évaluation du F-47. Des chiffres qui donnent le vertige, mais qui ne remplacent pas un prototype en vol.

Le premier vol du F-47 est visé autour de 2028. L’US Air Force parle d’un rayon de combat supérieur à 1 852 kilomètres et d’une vitesse supérieure à Mach 2. pendant que la Chine faisait voler deux appareils le même jour fin 2024, Washington finalisait encore les paperasses contractuelles avec Boeing. L’écart n’est pas forcément définitif, les États-Unis ont une profondeur industrielle et doctrinale que Pékin n’a pas encore atteinte — mais il est visible, et il compte stratégiquement.

L’US Air Force a clarifié au printemps 2026 une évolution doctrinale majeure : le NGAD, désormais incarné par le F-47, reste un programme central, mais il n’est plus pensé comme l’unique pivot du combat aérien futur. Dans le budget 2026, l’aviation américaine confirme une logique plus large : associer un chasseur habité de 6e génération à des Collaborative Combat Aircraft, des drones de combat capables d’opérer en équipe avec lui. Une architecture hybride séduisante, mais qui suppose que le chasseur habité soit d’abord en vol pour diriger quoi que ce soit.

Entre prototype et système de combat : le gouffre qui change tout

Voir un prototype voler ne signifie pas disposer d’un système de combat mature. Entre un vol d’essai, l’intégration des capteurs, la stabilité logicielle, la connectivité, la propulsion fiable, la signature réduite réelle et la production en série, l’écart est immense. La Chine le sait. C’est d’ailleurs pourquoi des observateurs ont signalé en décembre 2025 l’existence vraisemblable d’un troisième prototype du J-36, indice d’une cadence soutenue. On ne construit pas un troisième exemplaire pour faire de la communication, on le fait pour tester, casser, corriger.

La supériorité aérienne de demain ne reposera pas seulement sur l’avion le plus performant. Elle dépendra du nombre de capteurs, du nombre de missiles disponibles, de la résilience des réseaux et de la vitesse de production. C’est là que le bilan de 2024-2026 prend toute sa dimension : la Chine n’a pas seulement montré deux avions. Elle a montré qu’elle pouvait piloter deux programmes de front, les faire voler simultanément, puis enchaîner sur de nouveaux prototypes, le tout sans conférence de presse, sans calendrier officiel, et sans demander la permission. Même si les calendriers réels restent incertains, l’effet stratégique est déjà là : les alliés des États-Unis doivent désormais planifier face à une Chine qui ne rattrape plus seulement son retard, mais qui cherche à imposer sa propre cadence.

Sources : eds.fr | hellobiz.fr

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