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Une agence créée en 2005 pour aider le gouvernement ontarien à atteindre ses objectifs en matière d’éducation postsecondaire sera dissoute avant la fin de l’année, si le projet de loi 101 est adopté. Ses responsabilités devraient alors être absorbées par le ministère des Collèges et des Universités.
Le Conseil ontarien de la qualité de l’éducation supérieure (COQES) est une agence gouvernementale qui fait de la recherche sur les institutions postsecondaires.
Elle peut faire des recommandations au gouvernement pour améliorer l’accessibilité et le rendement du secteur.

Le Conseil ontarien de la qualité de l’éducation supérieure est devenu redondant, selon le ministre des Collèges et Universités de l’Ontario, Nolan Quinn. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn
Le ministre des Collèges et des Universités, Nolan Quinn, estime que ce n’est plus nécessaire, étant donné que le gouvernement recueille désormais lui-même une grande quantité de données sur le milieu postsecondaire.
Grâce aux dernières ententes de mandat stratégiques que nous avons signées avec toutes nos institutions, nous nous concentrons sur les taux de diplomation et d’emploi et l’apprentissage intégré au travail, indique-t-il. Alors, nous transférons tout ça au ministère pour nous assurer qu’il n’y a plus de duplication.
Le projet de loi confierait également au ministère la responsabilité de superviser les politiques des institutions postsecondaires en matière de liberté d’expression, ce qui a été intégré au mandat du COQES en 2018.
Les recherches du COQES touchent à des sujets qui ne sont pas nécessairement couverts par des indicateurs de rendement, comme l’accessibilité des études postsecondaires.
Dans les derniers mois, il a par exemple publié une étude sur l’impact financier de l’abandon des études, et une autre sur les parcours des candidats francophones aux collèges.
Le ministre n’a pas précisé si ce type d’activités continuerait.
Je ne fais absolument pas confiance au gouvernement pour recueillir des données ou pour les partager, s’indigne la cheffe néo-démocrate, Marit Stiles.

La chef du NPD, Marit Stiles, craint la manipulation des données à des fins politiques. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Elle craint que le gouvernement ne manipule les données qu’il divulgue à des fins politiques de la même façon qu’ils ont politisé l’OQRE.
[Ce gouvernement] veut gérer de plus en plus de choses à l’interne, afin de pouvoir les contrôler. Le problème c’est qu’il n’est pas capable de les gérer, renchérit le chef par intérim du parti libéral, John Fraser, évoquant les réformes récentes dans le milieu de l’éducation primaire et secondaire.
Le COQES ne fait pourtant pas l’unanimité.

Le chef par intérim du parti libéral, John Fraser, dénonce la gestion « à l’interne » du gouvernement Ford. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul
L’Union des associations de professeurs d’Université de l’Ontario (UAPUO), notamment, s’est souvent opposée à ses recommandations au gouvernement. Elle est même allée jusqu’à réclamer son abolition en 2019.
Pourtant, dans un communiqué, l’UAPUO s’alarme d’apprendre que le ministère élimine même l’apparence d’indépendance du COQES en absorbant ses activités.
Ça centralise le pouvoir et la supervision et ça ne laisse aucune place à l’implication d’experts ou à la consultation, dénonce le président de l’UAPUO, Rob Kristofferson, en entrevue avec Radio-Canada.
Le ministère de l’Éducation n’a pas encore donné de détails sur ce qui arriverait au personnel du COQES.
Si le projet de loi est adopté, le conseil d’administration de l’agence devra élaborer un plan de fermeture progressive qui inclura ces informations.
Le projet de loi 101, qui contient également une série de changements à la gouvernance du système scolaire, est actuellement en deuxième lecture à Queen’s Park.


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