NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
À 77 ans, Édouard Kistabish, de la communauté anichinabée de Pikogan, en Abitibi, n’en est pas à sa première épopée à pied et en rabaska. Mais cette année, il a ramé, et chaviré, avec son petit-fils Evan Wylde, 28 ans, et ça a fait toute la différence. Tout de suite après avoir chaviré, l’aîné a ri, et a dit : « Demain je rembarque ! »
Édouard Kistabish et Evan Wylde faisaient tous deux partie de l’expédition Mamu Nikantetau, qui invite des membres de toutes les communautés autochtones du Québec, ainsi que des allochtones, à faire un parcours de 350 kilomètres, à pied et en rabaska, sur une période de neuf jours, de Kitigan Zibi à Montréal. Leur arrivée en rabaska, près du canal de Lachine à Montréal, coïncidait mercredi avec la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
C’est le chirurgien innu Stanley Vollant qui a lancé cette initiative il y a plusieurs années et qui la préside encore aujourd’hui, à travers son organisme Puamun Meshkenu. Après avoir parcouru le Québec à pied, il a voulu, depuis deux ans, utiliser le rabaska, sur les voies navigables, à la façon des autochtones qui y ont circulé durant des millénaires. La rivière des Outaouais, à partir d’Ottawa, lui semblait toute désignée pour le périple de 2026.
« Les communautés anichinabée et kanien’kehà:ka circulaient sur la rivière des Outaouais pour aller chasser et pêcher, et pour aller dans d’autres territoires. Il y avait une grande symbolique à l’emprunter, et à arriver à Montréal pour le 325e anniversaire de la Grande Paix de 1701 », disait-il mardi, le visage basané par le soleil du voyage. Le rabaska, qui peut transporter une vingtaine de personnes et qui est propulsé par leurs mouvements conjoints, est aussi un symbole de la force du groupe lorsqu’il combine ses efforts.
Cette année, les participants ont dû faire face à un imprévu climatique, et un rabaska, avec 19 personnes à bord, a renversé près de l’île aux Tourtes. Tout le monde a aussitôt effectué le sauvetage de l’aîné du groupe, Édouard Kistabish, et le plan d’urgence qui avait été établi s’est très bien déroulé. Tout le monde a été sauvé, mais le rabaska est pour l’instant encore sous l’eau.
Une expérience transformatrice
Avant l’expédition, « j’étais dans une période très sombre, raconte pour sa part Evan Wylde. Ça me prenait un choc en termes de sobriété, mais aussi sur le plan de la personnalité et de la spiritualité. » Il ajoute : « Ça a été transformateur, vraiment une expérience exceptionnelle. Je remercie la vie. »
Alors que l’expérience des pensionnats autochtones avait précisément comme effet de séparer les familles, les chemins de Puamun Meshkenu unissent.
Frédéric Mikué Jourdain a fait toutes les expéditions organisées par Puamun Meshkenu, qui veut dire « chemin des mille rêves » en innu. Mais il organise également ses propres expéditions autour de sa communauté de Uashat mak Mani-utenam. « J’emmène des jeunes qui ont besoin de sortir de la communauté. Parce que la vie dans la communauté, avec les problèmes de consommation de drogue et d’alcool, c’est dur », dit-il.
Les communautés autochtones du Québec ne comptent plus les vies brisées, notamment par l’expérience des pensionnats. Frédéric Mikué Jourdain marche entre autres pour les enfants qui n’en sont jamais revenus. Maggie St-Pierre, originaire du Saguenay, n’est pas autochtone, même si ses parents, en tant que famille d’accueil, ont accueilli de nombreux autochtones. Les frères et sœurs de Maggie St-Pierre sont morts. « Ils ont eu des vies difficiles », reconnaît celle qui a participé à plusieurs expéditions de Puamun Meshkenu dans le passé. « Tous ceux qui sont dans les canots, ce sont mes frères et sœurs », dit-elle.
À Montréal, des proches attendaient avec impatience les pagayeurs. Denis Gros-Louis-Couture était bien fier d’accueillir sa cousine, Guylaine Gros-Louis, qui a entrepris ce périple à 52 ans, et qui était elle aussi dans le rabaska qui a renversé. « Elle l’a fait à son âge. Elle s’est entraînée, mais ça ne fait pas dix ans qu’elle s’entraîne non plus. »
À son arrivée à Montréal, Stanley Vollant a constaté que ses ancêtres, qui traversaient le Québec à pied et en canot, étaient « des athlètes ».
« Ma mère a été au pensionnat, elle a été brisée par les pensionnats, reconnaît-il cependant. Puis, malheureusement, j’en porte encore des cicatrices, comme plusieurs personnes des Premières Nations. Aujourd’hui, on exerce un devoir de mémoire, mais aussi un devoir de se rencontrer, parce que la réconciliation ça ne se fait pas chacun de notre côté, dans une pièce différente. On va apprendre à se parler, à reconnaître les erreurs du passé et rétablir une nouvelle alliance, un nouveau dialogue. C’est ce qu’on fait aujourd’hui. »


9 hour_ago
36



























.jpg)






French (CA)