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Des riverains ont organisé la protestation à Yvetot-Bocage (Manche) dès qu'ils ont eu connaissance du projet d'un site pour Aval du futur. Des études sont lancées.
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Par Géraldine Lebourgeois Publié le 1 oct. 2026 à 6h00
Depuis quelques semaines maintenant, à la date du 29 septembre 2026, des pancartes de protestation sont installées un peu partout près d’un site convoité pour l’industrie nucléaire à Yvetot-Bocage (Manche). Quelques riverains n’ont pas apprécié la nouvelle : Orano s’intéresse à des terres agricoles près de chez eux dans le cadre de son projet Aval du futur.
De quelle surface parle-t-on ?
Sur place, on entend parler de 20 hectares, voire 35… en tout cas, il s’agit de parcelles qui se situent à quelques mètres de l’accès à la Nationale 13, le long du chemin du Tôt.
En face, une maison est en plein chantier de rénovation… Ici il y a aussi un site classé, le château de Servigny. Là où a été signée « la reddition de Cherbourg le 26 juin 1944 », nous précise un fin connaisseur de l’histoire de sa commune.
Selon les riverains, le projet est celui d’un site d’entreposage et de stockage de matériel. Au CRILAN, Comité de réflexion, d’information et de lutte antinucléaire, les militants ont eux aussi entendu parler de cette perspective.
Mais, pour l’instant, « vu l’énormité du projet Aval du futur », ils n’ont pas plus d’éléments concernant ce site en particulier.
« Ce sont des terres agricoles, et non des friches », fait toutefois remarquer André Jacques, président du CRILAN.
Que fait la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural, N.D.L.R.), si cette terre est disponible ?
Renseignement pris auprès de la direction d’Orano, il nous est confirmé qu’il s’agit bien de « parcelles agricoles situées à Yvetot-Bocage » et qu’elles « pourraient présenter un intérêt pour Orano dans le cadre du projet Aval du futur ».

Mais en termes de surface, on est loin de celle véhiculée par la rumeur. Orano affirme qu’il s’agit « de près de 7 hectares », en précisant bien qu’« à ce stade, aucune décision n’a été prise ».
Des études en cours
L’industriel nous fait part de la situation à ce jour : après une réunion en mairie d’Yvetot-Bocage, « Orano, en concertation avec la commune, avait pris contact avec les propriétaires des parcelles identifiées afin d’obtenir leur accord pour conduire des études environnementales d’une durée maximale de 12 mois.
Réalisées sur quatre saisons, ces investigations ont pour objectif de caractériser le milieu naturel (faune, flore, habitats, fonctionnalités écologiques, etc.) et d’évaluer si les terrains présentent les conditions nécessaires à l’implantation éventuelle d’installations provisoires.
Seuls des résultats favorables permettraient d’envisager la poursuite des échanges avec les propriétaires. À défaut, le projet ne serait pas poursuivi sur ces terrains ».

Orano confirme également que ces terrains l’intéressent « pour l’implantation d’une plateforme logistique provisoire ».
« Cette dernière serait composée d’un espace de stationnement pour les véhicules légers et les poids lourds nécessaires au chantier, ainsi que d’une zone dédiée à l’entreposage temporaire des terres agricoles, dans le respect du protocole de réversibilité prévu afin de garantir la remise en état des parcelles après les travaux. »
Être à proximité de la RN13, précise la direction d’Orano, permettra un accès direct à la quatre voies, « limitant le transit des poids lourds et des véhicules légers dans les zones habitées ».
« Pour l’implantation d’une plateforme logistique provisoire »
« Pour rappel », ajoute Orano, « aucune installation nucléaire ne serait implantée à l’extérieur des clôtures actuelles du site Orano la Hague.
Dans le cadre du projet Aval du futur, Orano étudie néanmoins, en lien avec les collectivités locales, différentes solutions permettant d’accompagner le chantier.
Cette démarche vise à identifier des terrains pouvant accueillir, de manière temporaire, des infrastructures de chantier ainsi que des plateformes logistiques ou industrielles nécessaires à la conduite des opérations ».
À Yvetot-Bocage, au-delà des pancartes de protestation, quelques personnes envisagent la création d’un collectif contre le projet, précisant bien que, pour l’instant, ils ne souhaitent pas plus s’exprimer publiquement et qu’ils attendent « un moment plus opportun » pour partager leur point de vue.
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