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Au fil du temps, géophysiciens et plus généralement des spécialistes de la physique mathématique ont développé un arsenal conceptuel et technique pour résoudre ce que l'on appelle un problème inverse. Ce type de problème est bien connu en physique mathématique et la meilleure illustration que l'on peut en donner, c'est qu'il peut consister à retrouver la forme et la composition d'un instrument de musique en détail, en fonction de la musique que l'on joue avec lui.
Il s'agit donc de reconstituer les caractéristiques d'un objet - par exemple la structure et la composition chimique de l'intérieur de la Terre ou d'une planète rocheuse - à partir de son influence physique. Dans le cas de notre Planète miracle, ce sont les sismologues et les spécialistes du champ de gravité et du champ magnétique qui jouent à ce jeu.
Serina Diniega, chercheuse au JPL, explique certains des changements à la surface de Mars que les scientifiques peuvent observer grâce à des engins spatiaux tels que la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) de la Nasa. En orbite autour de la Planète rouge depuis 2006, la sonde MRO embarque une série d'instruments scientifiques qui collectent des données sur la surface et l'atmosphère de la planète. Parmi eux figure la caméra HiRISE (High Resolution Imaging Science Experiment), qui a capturé bon nombre des vues détaillées présentées ici. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Nasa, JPL-Caltech ; image de la calotte polaire nord : Nasa, JPL-Caltech, MSSS ; images HiRISE : Nasa, JPL-Caltech, University of Arizona ; vue d'artiste des jets en éruption : ASU, Ron Miller
Des missions spatiales qui sondent le champ de gravité de Mars
Prenons le cas du champ de gravité de la Terre, il dépend de sa forme exacte et de son profil de densité interne. Des satellites vont alors se déplacer sur une sorte de surface bosselée dont la distance varie au centre de la Terre en réponse aux variations de son champ de gravité. On peut alors faire une sorte de tomographie de son intérieur et contraindre des modèles de sa structure interne, sa composition et sa température par exemple et pas seulement son profil de densité.
On peut jouer à ce même jeu avec Mars et c'est bien ce que les planétologues ont fait en enregistrant, pendant des décennies, les formes précises des orbites de plusieurs sondes autour de Mars qui n'avaient pas comme seul but de fournir d'extraordinaires images de la Planète rouge.
Le cratère de « Seul sur Mars » se dévoile dans un voyage saisissant au-dessus de la Planète rouge
Les ingénieurs de l'ESA peuvent être fiers, la mission d'une durée initiale de 23 mois de la sonde Mars Express a été prolongée à plusieurs reprises depuis son lancement en 2003. Sa High Resolution Stereo Camera (HRSC) nous a depuis transmis des images incroyables de la surface de Mars permettant d'en dresser une carte en couleur et en relief avec une résolution de 10 mètres par pixel. Ces images ne font pas que donner des renseignements sur la géologie et l'histoire passée de la Planète rouge, elles permettent d'extraordinaires voyages virtuels au-dessus des paysages martiens, comme l'ESA vient de le montrer avec le cratère Schiaparelli.... Lire la suite
Un travail aujourd'hui publié dans le célèbre journal Nature est précisément le produit de l'étude des données gravimétriques fournies par les missions Mars Global Surveyor, Mars Odyssey et Mars Reconnaissance Orbiter.
Les recherches ont été dirigées par Alexander Berne, ancien étudiant de Caltech, aujourd'hui chercheur postdoctoral à l'Université de l'Arizona.
Musique pour la mission de la Nasa « 2001 Mars Odyssey ». Concert conçu et imaginé par Vangelis au temple de Zeus à Athènes, en Grèce. © 2001 Sony BMG Music Entertainment
Une anomalie thermique d'origine inconnue
Un communiqué du Caltech à ce sujet explique que les orbites des trois sondes étaient affectées par les modifications de la forme de Mars, en réponse aux variations des forces de marée produites par le Soleil. Ces variations résultent de l'orbite légèrement elliptique de la Mars et de l'inclinaison de son axe de rotation.
L'analyse des données concernant les modifications de Mars, qui ont été injectées dans un modèle de son intérieur, implique alors qu'il existe une asymétrie thermique profonde sous la surface de Mars, qui s'étend à l'ensemble de son hémisphère sud. Plus précisément, l'intérieur de l'hémisphère sud de Mars serait environ 200 à 400 °C plus chaud que celui de l'hémisphère nord et serait partiellement fondu.
L'intérieur de Mars révélé par InSight
La planétologie comparée vient de faire un nouveau bond grâce aux données de la mission InSight, notamment via les ondes sismiques détectées avec l'instrument Seis sur Mars. Après la Terre et la Lune, nous disposons donc de connaissances sur la structure interne d'une nouvelle planète rocheuse qui elle aussi comporte une croûte, un manteau et un noyau.... Lire la suite
Cela pourrait aider à résoudre une vieille énigme. Mars présente en effet une asymétrie géologique car son hémisphère sud comporte de hautes montagnes et de profonds cratères, tandis que l'hémisphère nord est constitué principalement de vastes plaines peu élevées, comme le rappelle le communiqué du Caltech. Ce dernier explique que la mission InSight de la Nasa avait précédemment montré que les ondes sismiques s'atténuent plus rapidement dans le sud de Mars, ce qui pourrait s'expliquer si cette région était plus chaude.
La présence de la dichotomie géologique nord-sud pourrait avoir impacté la formation de bassins susceptibles d'avoir autrefois abrité de l'eau liquide, avec des implications pour l'ancienne habitabilité de la planète.
Le communiqué du Caltech se conclut en expliquant que l'origine de l'anomalie thermique « reste toutefois inconnue. Plusieurs hypothèses sont envisagées : un impact géant ayant libéré de la chaleur dans le nord, une ancienne convection spontanée dans le manteau de l'hémisphère sud, ou encore d'épaisses structures géologiques empêchant l'évacuation de la chaleur interne ».
Nous n'en sommes toujours qu'au début de l'exploration de la Planète rouge, aussi bien pour sa géologie que pour sa possible exobiologie. Cette exploration est grandement facilitée avec des machines, comme dans tout le Système solaire et comme l'avait prédit Arthur Clarke. Aujourd'hui, c'est l'une de ces machines, le rover Curiosity, qui surprend les planétologues avec la découverte d'un paysage inédit dans le fameux cratère Gale.... Lire la suite


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