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L’État français en cyberpassoire : après l’ANTS et FICOBA, la DGFiP encore piratée

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Centraliser toujours plus de données semblait moderne ; réussir à les conserver en sécurité aurait probablement été encore mieux.

Cette fois, ce sont les données détenues par le fisc. Repérée notamment par French Breaches et Fuites Infos, une intrusion dans le système de la Direction générale des Finances publiques a finalement été confirmée par le ministère. Un acteur malveillant affirme avoir obtenu un accès interne fin juin 2026, après une usurpation d’identité.

Bercy reconnaît que cet accès, pourtant coupé dès la fin juin, a eu le temps de servir. « Les premières investigations confirment que cet accès […] a néanmoins permis la consultation et l’extraction de données concernant des particuliers et des professionnels », indique le ministère. À l’heure actuelle, l’administration ne précise toujours pas combien de Français sont concernés.



Des informations fiscales particulièrement sensibles

Selon les premières informations publiées autour de cette fuite, l’accès compromis aurait permis d’interroger un outil interne de recherche sur les contribuables. État civil, adresse, téléphone, adresse électronique, numéro fiscal, nombre de parts, taux de prélèvement à la source ou encore historique de certains échanges avec les services fiscaux pourraient faire partie des informations récupérées. Pour les entreprises, des numéros SIREN seraient également concernés.

Le ministère n’a toutefois pas encore confirmé cette liste dans son intégralité et précise que les investigations continuent. Il indique en revanche qu’aucun mot de passe ni identifiant de connexion n’aurait été dérobé. La CNIL a été saisie.

Le problème dépasse largement la simple gêne administrative. Nom, date de naissance, adresse, téléphone, courriel et informations fiscales réunis constituent une matière première particulièrement intéressante pour des escrocs. Un faux conseiller fiscal ou bancaire qui connaît déjà plusieurs informations exactes sur sa victime possède évidemment beaucoup plus de chances de la convaincre.



L’État français, collectionneur de données… et de piratages

Une cyberattaque peut frapper n’importe quelle entreprise ou administration. Quand les incidents se succèdent sur des fichiers publics contenant les informations de millions de citoyens, l’excuse devient cependant plus difficile à avaler. La DGFiP avait déjà subi quelques mois auparavant un accès frauduleux à FICOBA, le fichier national des comptes bancaires. Puis l’ANTS, devenue France Titres, avait à son tour été touchée.

Voilà donc un État qui demande aux Français toujours davantage de preuves d’identité pour accéder à certains services numériques, développe l’identité numérique et multiplie les dispositifs de vérification, tout en démontrant régulièrement qu’il peine à garder sous clé les données qu’il possède déjà.

Le paradoxe devient presque comique, à ceci près que ce sont les citoyens qui en supportent les conséquences. On réclame davantage d’informations personnelles au nom de la sécurité ; une fois ces informations centralisées, elles deviennent des cibles de premier choix pour les pirates. Et lorsqu’une fuite se produit, la consigne adressée au public est généralement la même : soyez vigilants.



Les Français priés de surveiller les dégâts

Bercy promet désormais de déterminer précisément quelles informations ont été extraites et combien d’usagers sont concernés. En attendant, les Français n’ont guère d’autre choix que de surveiller les courriels, SMS et appels suspects qui pourraient exploiter ces données.

La cybersécurité absolue n’existe évidemment pas. Mais quand les intrusions s’enchaînent dans des administrations qui concentrent certaines des informations les plus sensibles du pays, parler uniquement de la sophistication des pirates ne suffit plus. À force de demander aux citoyens de tout confier à l’État numérique, celui-ci devrait au minimum être capable de démontrer qu’il sait fermer la porte derrière lui.

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