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L’épidémie de livrée des forêts qui sévit depuis 2022 dans la région tire à sa fin. Selon l’inventaire des aires infestées que vient de dévoiler le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF), l’insecte ravageur a fait 10 fois moins de dommages en 2025 qu’en 2024.
Au Québec, le nombre d’hectares de forêt touchés par la défoliation est passé de 249 753 en 2024 à 30 970 en 2025. La même tendance a été observée en Abitibi-Témiscamingue, alors que 2024 fut le pic de l’épidémie dans la région.
Évolution des superficies défoliées par la livrée des forêts en hectares
| Abitibi-Témiscamingue | 224 474 | 23 908 |
| Nord-du-Québec | 0 | 4528 |
Les épidémies de la livrée des forêts durent habituellement à peu près trois ans. Celle-ci aura duré quatre ans, mais disons que la toute première année, il n'y avait vraiment eu pas beaucoup de défoliation. Alors, c'est à peu près normal pour la livrée des forêts, estime Pierre Therrien, entomologiste au ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
La perte qu'on a vue en 2025, il y a quand même une diminution très importante en Abitibi-Témiscamingue. C'est normal, c'est le début de la fin de l'épidémie.
Tout semble donc indiquer que l’on verra peu de chenilles de la livrée des forêts au cours du prochain été dans la région.
Je me garde un peu une certaine réserve. Il peut rester peut-être certains endroits ici et là où il va y avoir de la défoliation, mais ça va être vraiment négligeable, confirme M. Therrien.

Pierre Therrien, biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
En revanche, il n’est pas impossible que le secteur du Nord-du-Québec soit de nouveau touché.
En 2025, on a vu une nouvelle région qui a été touchée, le Nord-du-Québec. Je ne sais pas si ça correspond à un début de nouvelle épidémie ou si c'est tout simplement une extension de l'épidémie en Abitibi-Témiscamingue. Peut-être qu'on ne verra rien non plus dans le Nord-du-Québec en 2026, précise l’entomologiste.
Télédétection par satellite
Le MRNF suit l’évolution des épidémies de la livrée des forêts depuis quelques années déjà. S’il répertoriait les dommages causés par l'insecte en survolant les forêts pour suivre la tordeuse des bourgeons d’épinette par le passé, le ministère a ajouté la télédétection par satellite en 2024 aux relevés aériens.

La livrée des forêts est une espèce de chenille qui se déplace en groupe pour s’alimenter des feuilles des arbres. (Photo d'archives)
Photo : Emma Despland
La télédétection nous permet d’avoir des images de tout le Québec et de pouvoir faire des analyses pour être capables de répertorier les superficies, entre autres, de la livrée des forêts. Ce sont des images satellites qu’on peut transformer selon la longueur d’onde qu’on veut observer. Ce qu’on voit au cours de la saison, c’est un changement de couleur des images en lien avec la perte de feuillage causée par la livrée des forêts, explique Pierre Therrien.
Si la perte de feuillage correspond à la période d’activité de la livrée des forêts, le MRNF peut associer cette défoliation à la présence de l’insecte. Il procède aussi à des visites de terrain pour confirmer ses observations.
Une présence naturelle
Si l’insecte ravageur qui raffole des feuilles du peuplier faux-tremble suit son cycle habituel, la prochaine épidémie de la livrée des forêts devrait avoir lieu dans neuf ans. Sa présence incommode souvent les gens quand l'épidémie atteint son pic, mais il s’agit d’un insecte indigène qui joue son rôle dans l’écosystème forestier.
Il faut savoir que ça existe et que, comme la météo, on ne peut vraiment rien y changer. Ça existe et ça va revenir de façon périodique. Les épidémies sont relativement de courte durée. Pour les peuplements en santé, on ne voit pas beaucoup de mortalité d’arbres, rappelle Pierre Therrien.
Comme les autres insectes et maladies ainsi que les incendies, la chenille de la livrée des forêts joue un rôle important dans l’assainissement des peuplements forestiers.
Dans certaines conditions, si le peuplement n’est vraiment pas en santé ou s’il y a des conditions particulières de mauvais drainage ou de mauvaise gestion forestière, ça se peut qu’on voit une mortalité plus grande. Mais en général, la forêt est adaptée à l’insecte, précise M. Therrien.
Ce sont des ennemis naturels, souvent des parasitoïdes, des champignons ou des virus, qui viennent mettre un terme aux épidémies. Jusqu’à ce que l’insecte revienne en force, entre 9 et 13 ans plus tard, selon qu'il s’agisse d’une forêt de peupliers faux-trembles ou d’érables à sucre.


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