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Des collations aux boissons lactées en passant par les poudres alimentaires, les protéines s'invitent désormais dans une multitude de produits du quotidien. Cet engouement stimule la demande chez les producteurs agricoles de la Saskatchewan, qui voient s'ouvrir d'importants débouchés commerciaux.
Certains les recherchent dans des barres et des collations, d’autres dans les produits laitiers ou sous forme de poudre, tandis que plusieurs s'en tiennent à la viande. Qu'elles soient d'origine animale ou végétale, les protéines font l'objet d'un appétit grandissant.
La demande en protéines sous forme de produits carnés, de produits laitiers, d'œufs ou encore de poudres est en hausse depuis quelques années, confirme Craig Johnston, vice-président et économiste en chef chez Financement agricole Canada (FAC).
Selon l'économiste, la consommation annuelle de bœuf a augmenté de près d’un kilogramme par personne au pays, et ce, malgré une hausse des prix de 17 % en 2025 pour cette viande. Il précise que la production a augmenté de 75 % par rapport aux données d’il y a trois ans, forçant certains éleveurs à agrandir leur cheptel pour répondre à la demande croissante.

Selon M. Johnston, la forte demande pour le lactosérum incite les producteurs laitiers à privilégier un lait à plus haute teneur protéique.
Photo : Radio-Canada / Olivia Stefanovich/CBC
Le constat est similaire chez les producteurs laitiers, incités à fournir un lait à plus forte teneur en protéines. Pour y parvenir, plusieurs exploitants modifient leurs méthodes d'élevage et l'alimentation de leurs vaches.
Cette évolution pousse également les offices de commercialisation du lait à réviser leurs grilles tarifaires à l'échelle canadienne. Une réorganisation qui ne devrait pas se répercuter immédiatement sur le panier d'épicerie des ménages, nuance Craig Johnston.
Cela nécessite aussi d’ajuster les systèmes de tarifications de la part des offices de régulation du lait partout au Canada. Mais cela ne va pas se répercuter immédiatement sur le consommateur, ajoute Craig Johnston.
Les prix risquent toutefois de demeurer élevés en raison des droits de douane de 50 % sur le lactosérum américain imposés par Donald Trump, qui a parallèlement interdit aux entreprises des États-Unis de s'approvisionner en lactosérum canadien.
Protéines animales et végétales : une occasion pour les Prairies
Cet engouement pour les protéines représente aussi une excellente nouvelle pour les agriculteurs de la Saskatchewan, dont un grand nombre cultivent des oléagineux et des légumineuses.
Ces retombées se répercutent en quelque sorte dans l’ensemble du secteur et finissent par revenir à la ferme, ajoute Craig Johnston.
Dans la province, l'industrie cherche d'ailleurs activement des alternatives au lactosérum. À Yorkton, le complexe agro-industriel de Louis Dreyfus Company a mis en service une usine dédiée aux protéines de pois. Au quotidien, les légumineuses y sont transformées en farine, puis vendues à des transformateurs alimentaires pour enrichir leurs formulations ou produire de la poudre protéinée de pois.
Selon Phil Chilibeck, professeur de kinésiologie à l’Université de la Saskatchewan, cette filière pourrait remplacer des produits laitiers comme, par exemple, la protéine de lactosérum.
Cette boisson s’est avérée étonnamment bénéfique pour la santé osseuse. Et est même comparable au lait de vache pour les muscles et les os, détaille le spécialiste.

Les cultures de la Saskatchewan peuvent être transformées en poudres protéinées pour aider à répondre à la forte demande.
Photo : Radio-Canada / Natalie Crowell/CBC
Craig Johnston abonde dans le même sens. Il y a là une occasion en or pour le Canada de tirer parti de la forte croissance de la demande alimentaire mondiale, non seulement pour les protéines, mais pour les aliments en général, assure-t-il.
Un avis que partage Tyler Groenvald, directeur général de Protein Industries Canada : Nous devons appuyer l’industrie pour créer des usines de transformation capables de convertir les récoltes de la Saskatchewan en ingrédients à plus forte valeur ajoutée. Cela créera de la richesse pour nos agriculteurs et stimulera l'économie nationale.
Un marché en plein essor qui appelle à la modération
Vanessa Daigle est nutritionniste au Québec depuis 10 ans. Très active sur les réseaux sociaux, elle observe elle aussi cette déferlante sur les rayons d'épicerie et sur les réseaux sociaux. Elle invite toutefois les consommateurs à la prudence.
L’engouement aujourd’hui est incroyable. On le remarque depuis plusieurs années, mais aujourd’hui, on dirait que ça a atteint un autre niveau. Beaucoup de produits sont maintenant enrichis en protéines. Auparavant, les gens recherchaient ces protéines à travers les aliments, mais désormais c’est comme si tout devait être enrichi en protéines. C’est aussi un effet marketing, analyse-t-elle.

Vanessa Daigle est nutritionniste au Québec depuis 10 ans.
Photo : Radio-Canada / Emilie Nadeau
La spécialiste rappelle que Santé Canada recommande un apport quotidien d'environ 0,8 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel, soit près de 56 grammes par jour pour une personne de 70 kilogrammes.
C’est très facile à combler pour répondre aux besoins de notre corps, assure Vanessa Daigle.
Si un surplus de protéines favorise la satiété, la nutritionniste met en garde contre la consommation de produits ultra-transformés : Il ne faut pas que [cette recherche de protéines] se fasse au détriment des fibres, des glucides de qualité ou des légumes.
Avec les informations de Laura Gillis


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