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Hydro-Québec doit finalement débourser 5 millions $ pour excaver 6500 tonnes de sols contaminés par des hydrocarbures, des métaux lourds et des matières résiduelles enfouies il y a près d'un siècle, dans le quartier Limoilou. Les terrains décontaminés seront ensuite mis en vente dans l'espoir qu'ils soient développés.
La société d'État détient quatre lots désaffectés tout près de la rivière Saint-Charles, dans le Vieux-Limoilou. Situés dans un quadrilatère compris entre la rue des Sables, la 2e Rue, la 3e Avenue et la 4e Avenue, les terrains en question accueillaient auparavant une ligne de transport d'électricité, démantelée il y a dix ans.

Les terrains, qu'on voit ici avant les travaux d'excavation, sont situés en plein coeur d'un secteur résidentiel et occupent une superficie de plus de 2500 mètres carrés.
Photo : Radio-Canada
Hydro-Québec a tenté de les vendre en 2020, mais le processus d'acquisition par un promoteur a échoué après une analyse des sols.
Cette dernière avait révélé une forte contamination des terrains par des hydrocarbures et des métaux, un héritage du passé industriel du quartier populaire. Le quadrilatère et une partie du secteur ont en effet été développés sur un ancien dépotoir à ciel ouvert, datant d'avant les années 1940.
Les berges de la rivière Saint-Charles servaient en effet, à l'époque, à entasser les matières résiduelles de la ville de Québec.

L'emplacement du dépotoir en 1919.
Photo : Radio-Canada / Google Earth
Les cendres du défunt incinérateur de la Pointe-aux-Lièvres y ont aussi été enfouies. Le premier incinérateur a commencé ses activités en 1939, et le deuxième en 1955. Plusieurs terrains du secteur ont reçu des remblais composés de cendres d'incinération, indique Pascal Poinlane, conseiller en relation média chez Hydro-Québec.
Sommes considérables
La société d'État a hérité de ce passif environnemental lors de la nationalisation de l'hydroélectricité dans les années 60, rappelle M. Poinlane. Les terrains ont été acquis de la défunte Quebec Power Company.
Bien que les activités ne soient pas liées aux activités de transport d'électricité, Hydro-Québec s'engage aujourd'hui à effacer ces vestiges contaminés. En fin de compte, on considère qu'il s'agit d'une contribution de la société d'État envers la communauté.
Les opérations ont été lancées au cours de l'été et se poursuivront jusqu'en novembre pour deux des terrains. Des sommes considérables, soit 5 millions $, ont dû être investies pour ces deux terrains représentant une superficie de 1300 m2, explique M. Poinlane.

Des murs de soutènement ont dû être installés pour protéger les fondations des résidences autour du chantier.
Photo : Radio-Canada / David Remillard
Le chantier pose quelques défis. Des travaux de soutènement ont été requis afin de protéger les immeubles situés à proximité du site d'excavation. Ce sont des travaux majeurs. Il y a des fondations mitoyennes aux terrains, alors on veut sécuriser les logements à proximité des deux terrains, insiste Pascal Poinlane.
Puisqu'il s'agit notamment de matières dangereuses, Hydro-Québec doit faire appel à des firmes spécialisées pour disposer des sols, qui prendront le chemin d'endroits autorisés par le ministère de l'Environnement.
Au total, ce 6500 tonnes de matières résiduelles contaminées dont on doit disposer et ça coûte très cher.
Vendus à la Ville
Une fois les sols complètement retirés, des matériaux neufs seront utilisés pour remplir le site Hydro-Québec pourra procéder à la vente. La Ville de Québec aura un droit de préemption. L'administration municipale demeure en discussion avec Hydro-Québec à ce sujet et a déjà démontré son intérêt.
Dans l’éventualité d’une vente des terrains une fois la décontamination terminée, la Ville analysera le dossier selon ses besoins, affirme Jean-Pascal Lavoie, porte-parole de la Ville. Il confirme cependant que la Ville a toujours de l'intérêt pour ces lots, sans en préciser la vocation souhaitée.
Quant aux deux lots qui ne sont pas encore décontaminés, la réflexion se poursuit du côté de la société d'État.


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