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Le New Hampshire compte 48 sommets de plus de 1220 mètres. Ces plus célèbres des montagnes blanches n’ont plus de secrets pour une Shawiniganaise qui les a gravies une à une ; un exploit qu’elle n’aurait elle-même jamais cru possible.
Vers la fin de sa trentaine, Jannie Durand s’adonne déjà à la randonnée depuis plusieurs années. Elle a l’habitude de parcourir les différents sentiers québécois. Occasionnellement, il lui arrivait de s’offrir quelques jours pour décrocher dans les hauteurs des Adirondacks ou dans les montagnes vertes. Elle y accompagnait généralement des groupes plus ou moins organisés.
Mme Durand avait aussi grimpé quelques-unes de la centaine de montagnes du New Hampshire lorsque l’idée a commencé à faire son chemin.
En discutant avec d’autres randonneurs, j’ai vu que plusieurs étaient au cœur d’un défi… soit de grimper les 48 plus hautes montagnes blanches, qui ont chacunes plus de 4000 pieds d’altitude. Je participais à des randonnées avec eux avec beaucoup de plaisir, mais je ne pensais pas avoir la capacité de gravir tous ces sommets, explique-t-elle.
Certaines journées, son parcours de randonnée exigeait de franchir une distance de 20 à 30 kilomètres.
Le mont Washington, dont le sommet se situe à plus de 6200 pieds d’altitude, est le plus connu du lot. Il constitue souvent l’objectif principal des randonneurs. Mais d’autres montagnes, moins hautes, représentent un défi tout aussi important.
Dans ma tête, je n’étais pas capable de faire ça. Un jour, je me suis penché sur cette fameuse liste et j’ai réalisé que j’en avais presque la moitié de fait. Je me suis dit, pourquoi ne pas l’essayer ?
Freinée par la pandémie
L’atteinte de son objectif a toutefois considérablement été retardée par la fermeture soudaine de la frontière canado-américaine.
Durant près de deux ans, la frontière était fermée, que ce soit totalement ou partiellement. Quand la situation est revenue à la normale, je me suis assise et j’ai pris le temps de me faire une programmation serrée pour avancer au maximum ma liste.

Jannie Durand à la suite de l'ascension de sa 48e montagne dans l'État du New Hampshire.
Photo : Courtoisie de Jannie Durand
Mère monoparentale et travailleuse à temps plein, elle a choisi d’y consacrer la majorité de son temps libre lorsque les enfants n’étaient pas avec elle. Chaque mois, elle s’aventurait donc en forêt. À quelques reprises, elle a dû dormir sur le sentier et parfois se buter à des conditions météorologiques difficile, rendant les sentiers glissants.
Plus les sommets s’additionnaient, plus je voyais que j’allais réussir à cocher les 48 cases de ma liste.
Ce qui la rend fière, c’est d’avoir dépassé ses propres limites.Je n’aurais jamais pensé être à l’aise de dormir seule en forêt avec ma tente. Maintenant, j’y retourne sans problème, ajoute-t-elle.
Une fin sans artifice
Le rythme était parfois éreintant. L’atteinte du 48e et dernier sommet, à l’âge de 41 ans, a suscité en elle des émotions partagées.
J’avais une fierté bien présente, mais en même temps j’avais une certaine forme de tristesse. J’ai un amour profond qui s’est développé avec le temps pour les White Mountains. De me dire que c’est terminé, c’était un drôle de sentiment. En même temps, ce n’était pas totalement la fin, car j’y retourne régulièrement, précise-t-elle.
Il lui arrive d'ailleurs d'y retourner avec un peu plus d'équilibre, pour le plaisir. Jannie Durand n’a pour l’instant pas de prochain défi en tête.


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