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Richard Chartier, ancien juge en chef du Manitoba, reçoit l’Ordre du Canada pour son apport à la justice en français au Manitoba. L’annonce a eu lieu mercredi matin à la veille du Nouvel An.
Ça fait chaud au cœur [...] Je n’ai jamais eu de reconnaissance de toute ma carrière, raconte, ému et surpris, Richard Chartier au micro de l’émission Le 6 à 9.
Le juge à la retraite était loin de s’attendre à clôturer l’année avec cet appel. Je n’ai aucune idée qui a donné mon nom, souligne-t-il.
Dans un communiqué, la gouverneure générale du Canada reconnaît l’importance du travail de l'ancien juge ainsi que son engagement pour la réconciliation et les services francophones.
Richard Chartier a été nommé à la Cour provinciale en 1993 et à la Cour d’appel en 2006. Il devient juge en chef du Manitoba en mars 2013, avant de prendre sa retraite à l’automne 2022.
Obtenir la paix linguistique
La carrière de l’ancien juge en chef du Manitoba est marquée, entre autres, par le rapport Chartier de 1998.
L’ancien juge a déposé, il y a 27 ans, le rapport Avant toute chose, le bon sens, dont les recommandations ont mené au développement de politiques sur les services en français au Manitoba ainsi qu’à la création de Centres de services bilingues.
Richard Chartier explique que des tensions linguistiques se faisaient sentir à l’époque. On ne voulait pas créer de guerre linguistique, mais normaliser les services [...] C’est pour ça que j’ai proposé un bilinguisme territorial, mentionne-t-il.
C’était une proposition radicale, estime-t-il. À l’époque, l’ancien juge avait désigné 18 municipalités sur les quelque 200 municipalités bilingues dans lesquelles le gouvernement devrait offrir des services dans les deux langues.
Réconciliation au Canada
En 2019, le Manitoba accueille la Cour suprême du Canada. C’est la première fois que la Cour suprême siège à l'extérieur d’Ottawa, fait remarquer Richard Chartier.
Le juge à la retraite était mandaté de s’occuper de cette réception à Winnipeg. Cet événement a permis de soulever divers enjeux concernant l'éducation en français et les questions autochtones au Canada.
Richard Chartier a déploré durant sa carrière le taux élevé de personnes autochtones devant les tribunaux et dans les prisons du Manitoba.
Il s’est fait entendre en 2019 pour tenter de changer le système judiciaire, mais a pris sa retraite avant de pouvoir résoudre le dossier. La population autochtone veut simplement qu’on les respecte sur leur territoire, affirme-t-il.
Rester aux aguets
De tous les dossiers que le juge Chartier a défendus, aucun n’est acquis, prévient-il.
Il faut rester à l’écoute de la communauté franco-manitobaine, malgré les améliorations dans les dernières années, selon Richard Chartier.
L’ancien juge en chef du Manitoba incite les jeunes juristes à rester aux aguets sur différents dossiers touchant la francophonie.
Il mentionne entre autres l’importance de garder un œil sur l’offre de services en français avec la création de la Caisse Assiniboine.


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