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Les 80 places en garderie initialement prévues dans le projet immobilier de l’îlot Saint-Vincent-de-Paul, au sommet de la côte d’Abraham, ne verront pas le jour. Le ministère de la Famille n'a pas autorisé l'ajout d'un centre de la petite enfance (CPE) à cet endroit, une décision que dénoncent le député solidaire Etienne Grandmont et des familles de la Haute-Ville.
Le député de Taschereau s'inquiète pour l'accès des résidents de la Haute-Ville de Québec à des places en garderie. Les familles du quartier le demandaient depuis longtemps, estime-t-il.

Une modélisation 3D du projet immobilier de 151 logements sociaux à l'îlot Saint-Vincent-de-Paul, qui devait initialement compter un CPE de 80 places. (Image d'archives)
Photo : Lafond Côté Architectes engagés
Il y a des milliers d’enfants qui attendent une place en CPE à Québec, lance-t-il. Dans la Capitale-Nationale, on parle de 4000 enfants sur la liste d’attente. Juste pour le CPE Saint-Jean-Baptiste, on parle de 600 enfants sur la liste d’attente.
Etienne Grandmont soutient que les appels d'offres du ministère de la Famille viseraient seulement à agrandir des CPE existants et non à en construire de nouveaux dans le secteur, ce qui doit aussi faire partie de la solution à son avis.
Revenir aux critères de proximité
Le député solidaire avance d'autant plus que la révision des règles d'attribution des CPE par le ministère de la Famille contribue au problème. On se retrouve avec des incohérences incroyables, croit-il.
Par exemple, Etienne Grandmont trouve incohérent que certaines personnes qui habitent à côté d’un CPE ne peuvent pas y avoir accès.

Etienne Grandmont, député de Québec solidaire dans la circonscription de Taschereau
Photo : Radio-Canada
Il faut revenir à ce critère de proximité, qui est fondamental, martèle-t-il, pour permettre aux gens qui ont choisi d’habiter dans le centre-ville de vivre sans voiture et de pouvoir aller déposer leur enfant à pied ou à vélo.
Changer de quartier… et même de ville
Présente lors de la conférence de presse, Cyndie Caron, dont le retour au travail est imminent, devra recommencer le boulot à temps partiel, faute d’avoir une place en CPE dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.
C’est la stratégie qu’on a trouvée, explique celle qui dit avoir obtenu une place en garderie non subventionnée dans un autre quartier.

Cyndie Caron, dont le retour au travail est imminent, devra, faute de place en CPE, recommencer le boulot à temps partiel.
Photo : Radio-Canada
Ce que j’aimerais demander, en tant que parent, c’est de revoir le critère de proximité, insiste-t-elle. La mère de famille souhaiterait également que la décision de ne plus aménager de CPE dans le futur bâtiment de l’îlot Saint-Vincent-de-Paul soit revue.
Le son de cloche est similaire pour Geneviève Lacroix, une résidente du Vieux-Québec.
Quand on a acheté notre condo, on a vu qu'il y avait un CPE à 60 mètres, donc on s’est dit : "Parfait!", raconte-t-elle. On a peut-être été naïfs. On pensait que ce serait facile avoir une garderie.
Je le vois carrément de chez moi, mais je ne peux pas y aller!

Geneviève Lacroix et son conjoint, après avoir cherché une place en CPE dans le Vieux-Québec, dans Saint-Jean-Baptiste, dans Montcalm et dans Saint-Sacrement, se sont tournés vers une autre ville.
Photo : Radio-Canada
Malheureusement, on n’a pas le choix : on va retourner à Montréal où on a un pied-à-terre en location proche de nos familles, indique-t-elle.
Il n’y a plus de priorité pour les habitants du Vieux-Québec, poursuit Mme Lacroix. Ça crée beaucoup de frustration et beaucoup de logistique.
La ministre de la Famille sensible à la situation
Dans une déclaration écrite, le cabinet de la ministre de la Famille, Catherine Blouin, dit être sensible à la situation des familles du quartier.
Les règles d’attribution des places subventionnées doivent être les mêmes pour tout le monde, poursuit-on. On ne peut pas modifier les critères de recevabilité pour répondre à une demande particulière, même lorsqu’il s’agit d’un projet important pour un quartier.

Catherine Blouin, ministre de la Famille (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
La planification des places doit se faire en fonction des besoins territoriaux et dans le cadre des appels de projets, de façon transparente et équitable pour l’ensemble des CPE.
Dans son message, le cabinet note que les promoteurs pourront présenter leur projet lorsqu’un futur appel de projets sera lancé pour ce secteur. Leur proposition sera alors évaluée au même titre que les autres projets soumis, en fonction des besoins du territoire et des critères applicables.
Avec des informations de Colin Côté-Paulette et de Guylaine Bussière


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