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Alors que la période de mise en candidature tire à sa fin pour les élections municipales en Ontario, un phénomène retient l'attention : le manque de candidats dans plusieurs localités.
Bien que la situation puisse encore évoluer avant la clôture des candidatures, la quantité de sièges n'ayant qu'un seul candidat enregistré, voire aucun, à un peu plus d'une journée de l'échéance est digne de mention, soulève Zachary Spicer, professeur associé en politique publique à l'Université York.
C'est une tendance qu'on observe au cours des derniers cycles électoraux, particulièrement dans les collectivités rurales, indique-t-il.

En 2022, près de 550 postes sur 2 842 avaient été pourvus par acclamation lors des élections municipales. (Photo archives)
Photo : Avec l’autorisation de la Ville de Toronto
M. Spicer rappelle que les inquiétudes ont émergé après que quelques municipalités ont vu l'ensemble de leur conseil élu par acclamation lors du scrutin de 2018. Parallèlement, certains sièges dans des zones rurales n'avaient aucun candidat.
Ce n'est pas sain pour la démocratie. Personne ne peut penser que c'est une bonne chose, estime-t-il.
Des inquiétudes à l'AMO
L'Association des municipalités de l'Ontario (AMO) a exprimé des craintes similaires le mois dernier, incitant les citoyens à poser leur candidature et soulignant l'impact des administrations locales sur la vie quotidienne.
Les conseils municipaux prennent des décisions qui touchent le logement, les infrastructures, la sécurité publique, les loisirs, le développement économique et bien plus. Nous encourageons toute personne souhaitant faire une différence dans sa collectivité à envisager de poser sa candidature, a déclaré la présidente de l'AMO, Robin Jones, par voie de communiqué.

La présidente de l'Association des Municipalités de l'Ontario, Robin Jones déplore la situation. (Photo archives)
Photo : Radio-Canada / Nathan Fung
Quand moins de personnes se présentent, les collectivités ont moins de choix et moins de perspectives autour de la table du conseil, a-t-elle ajouté.
Les exigences de la charge municipale, combinées à une rémunération qui n'en reflète pas toujours la réalité, figurent parmi les facteurs qui dissuadent les citoyens de se lancer, selon M. Spicer.
Dans les grandes villes, où le poste de conseiller est ou devient un travail à temps plein, le salaire commence à rattraper ce niveau de responsabilité. Mais dans les petites collectivités, les conseillers ne reçoivent parfois qu'une allocation ou un honoraire d'à peine quelques centaines de dollars par mois, précise-t-il.
Ce sont des conseils où l'on retrouve principalement des hommes blancs âgés, car pour occuper ces fonctions, il faut soit être fortuné, soit être à la retraite, soit posséder sa propre entreprise, ajoute-t-il.
Peu de gens peuvent se libérer pour assister à des réunions en plein milieu de la journée. Ce ne sont pas des postes où le calendrier des réunions est conçu pour faciliter la vie des personnes qui ont une famille, explique M. Spicer. Beaucoup de gens aimeraient s'impliquer dans leur collectivité, mais ils constatent qu'il leur est impossible d'assister à une réunion de sous-comité à 10 h du matin.
Rendre la fonction plus flexible permettrait d'attirer un éventail plus diversifié de candidats, selon lui.
Lors des dernières élections municipales de 2022, environ 6325 candidats s'étaient disputé 2842 postes, mais un peu plus de 550 rôles n'avaient fait l'objet d'aucune lutte et avaient été pourvus par acclamation, rappelle l'AMO.
Avec les informations de La Presse canadienne


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