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Samedi 5 septembre 2026, quelques-uns se sont retrouvés à Pourville-sur-Mer (Seine-Maritime) pour participer au festival de l’attente. Contre toute attente, il ne s’est rien passé.
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Par Marie LEMAISTRE Publié le 7 sept. 2026 à 10h09
La consigne affichée sur la page Facebook de l’événement était claire. Et pourtant. Samedi 5 septembre 2026, à 17 h, au pied de l’huîtrière, à Pourville-sur-mer (Seine-Maritime), où le rendez-vous avait été fixé, certains s’attendaient vraiment à participer à un événement décalé.
Début juillet, un internaute, qui se fait appeler Sachay, avait lancé l’invitation à un festival totalement absurde : le festival de l’attente. Le programme, lui, tenait en à peine plus d’une phrase : « Vous venez, vous attendez, et vous partez. » C’est simple : « Attendre quoi ? Rien, juste attendre, après vous pouvez partir. »
57 participants annoncés
Initialement calé sur le dernier week-end d’août, le rendez-vous avait déjà connu un premier contretemps : la météo en avait décidé autrement, et l’attente avait dû se prolonger. Report donc au 5 septembre.
Sauf que, depuis le 1er septembre, plus rien. Silence radio de la part de l’organisateur. Aucune relance, aucun indice, pas la moindre confirmation. Alors, samedi, direction Pourville, hésitant entre le sérieux et la blague, pour voir si le rendez-vous tenait malgré tout.

Mauvais signe dès l’arrivée sur la promenade, hormis quelques marcheurs, rien n’indique, à première vue, qu’un festival est censé se tenir ici. Juste une consigne, lue et relue sur une page Facebook, où l’événement affiche 57 participants annoncés.
Sophie et sa fille Céliane d’Hautot-sur-Mer sont arrivées pile à l’heure. « Un événement aussi absurde, ça ne se rate pas », sourit la mère de famille. À la recherche du lieu d’attente, elles se sont laissé guider par les indications d’un petit groupe de personnes assises au pied du chenal à bateaux, qui visiblement avaient déjà entendu parler du festival. « Je pensais qu’ils étaient en train d’attendre, mais en fait, non, eux, ils n’attendent pas », s’amuse Sophie.
Fausse piste, retour à l’huîtrière en empruntant la promenade et toujours pas la moindre trace d’organisation. « On est vraiment dans le concept », plaisante Sophie, déçue d’être seule à patienter. « Visiblement les gens ne sont pas au rendez-vous de l’attente. »
De retour au point de ralliement, on tombe cette fois sur Arnaud et sa compagne Léa, venus de Rouen qui ont fait une halte avant de se rendre à Varengeville-sur-Mer : « Ça nous a motivés pour venir. »
Installée seule à l’ombre de l’huîtrière depuis un moment déjà, Titi, de Sainte-Marguerite, s’approche du groupe qui se forme. « Vous attendez aussi ? », lance Arnaud. « Oui, tout à fait », répond-elle, amusée.
S’étonnant surtout de l’absence de l’organisateur, le petit groupe se laisse aller à toutes les théories : et si l’organisateur observait la scène, incognito ?, parie Sophie. « Je trouve ça bien parce qu’il nous aura fait attendre », souligne Léa.
Une zone d’attente
Faute de mieux, les « attendeurs » improvisent. Une « zone d’attente » est tracée à la craie par Céliane, dans l’espoir d’attirer d’autres participants. « Tout le monde devient un peu suspect d’attendre », observe Titi, scrutant les marcheurs qui passent autour d’eux.
« C’était bien trouvé, son idée. Il y a tellement de festivals, il y a beaucoup de choses. On est tellement sollicité, tellement obligé de faire quelque chose. Là, on n’attend rien. Ça repose », analyse Arnaud. « Ça fait du bien d’attendre rien. D’avoir rien à attendre de personne », philosophe Léa.
Il est bientôt 18 h. Toujours aucun signe de l’organisateur mais personne ne semble déçu. L’événement aura permis de sympathiser. « Je ne m’attendais à rien. Et je suis complètement comblée », résume Titi.
« Il y aurait eu quelque chose, on aurait été déçus », renchérit Arnaud, avant d’imaginer la suite : « Que ça se reproduise au moins une fois par an. Ça dépend de l’engouement des attentistes. Si on veut attendre plus souvent, on peut continuer. » Sur ce point-là, au moins, tout le monde semble d’accord. « On est toujours prêts à attendre », conclut Titi.
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