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"J'en tremblais" : elle rentrait du travail, deux enfants l'insultent de "sale arabe" depuis leur piscine à Montmorot

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Une habitante de Montmorot, âgée de cinquante ans et qui travaille à l'Ehpad, a subi une situation qui l'a profondément blessée : des insultes racistes. Elle se confie.

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Les enfants jouaient dans leur piscine, tandis que la dame rentrait du travail.

Les enfants jouaient dans leur piscine, tandis que la dame rentrait du travail. (©Illustration / Adobe Stock)

Par Lucas Lallemand Publié le 31 août 2026 à 9h56 ; mis à jour le 31 août 2026 à 10h14

Les faits se sont déroulés à Montmorot (Jura), mardi 18 août vers 15 h 35. Une quinquagénaire, qui travaille comme aide-soignante à l’Ehpad de la commune, termine sa journée de boulot. Elle rentre chez elle à pied et téléphone pendant qu’elle marche sur le trottoir. Puis elle entend soudainement deux mots qui l’écorchent comme des lames de rasoir : « Sale arabe ! » Choquée, elle se rend rapidement compte que les insultes, adressées à sa personne, ont été prononcées depuis le jardin d’une maison. Deux adolescents de 13 et 15 ans jouent dans une piscine.

La maman leur passe un savon

Elle s’approche d’eux pour leur faire répéter : « Pardon, vous avez dit quelque chose ? » L’un d’eux, le plus petit, se cache sous l’eau. L’autre nie avoir prononcé de tels mots. La maman, présente à leurs côtés mais qui ne semble pas avoir compris la scène, demande à la dame s’il y a un problème. Elle lui raconte ce qu’elle a entendu depuis la piscine. « Elle a demandé à ses enfants de s’excuser immédiatement de ce qu’ils avaient fait, elle était en colère », confie l’aide-soignante. Cette dernière rentre chez elle, raconte la scène à son mari et à sa fille de dix ans. « Je ne me sentais vraiment pas bien, j’ai très mal dormi suite à cette insulte. C’est la première fois que ça m’arrive depuis que je suis arrivée en France en 2005 », souffle-t-elle, émue. Elle a maintenant la nationalité française : « J’apprends à ma fille des valeurs de tolérance, de respect… Je ne pouvais pas laisser passer ça. »

Le lendemain matin, mercredi 19 août, elle décide d’aller porter plainte au commissariat de police de Lons-le-Saunier. Lorsqu’elle part de la maison, sa fille se met à pleurer. « Maman, ce ne sont que des enfants, ne leur envoie pas la police », supplie-t-elle. Mais elle choisit de ne pas se taire : « Si les insultes étaient venues d’un adulte, je serais peut-être passée au-dessus. Là ce sont des enfants, et je me dis qu’on peut vraiment y faire quelque chose en éduquant, en sensibilisant : je ne veux pas que ma fille retrouve ces deux jeunes au collège et qu’elle subisse la même chose que moi. Vous imaginez ? »

Arrivée devant les policiers, c’est au tour de la dame de s’effondrer en larmes. « J’en tremblais, comme une feuille », explique-t-elle en montrant sa main encore vacillante, blessée par ces injures gratuites et discriminatoires. « Le policier m’a dit que j’avais tout à fait le droit de déposer plainte, mais qu’il valait peut-être mieux que je fasse une main courante. J’ai pris un moment, puis je l’ai écouté. Ce qui m’embête, sur le papier qu’il m’a donné, c’est que le motif indiqué est ‘outrage, injure, menace’. L’insulte raciste n’apparaît nulle part. »

L’association SOS racisme contactée

Elle en a parlé avec ses collègues de travail, ses proches. Les avis divergent sur la posture à adopter : « Je ne veux pas qu’ils aient une grosse peine, juste qu’ils comprennent leur bêtise. On m’a demandé d’aller les voir pour leur apporter des gâteaux et fraterniser. Cela m’a choquée : à quel moment on apporte des gâteaux à quelqu’un qui vous insulte ? Ce serait plutôt à eux de le faire. » Désormais, elle avoue ne pas être tout à fait sereine sur son trajet quotidien.

Elle s’est rapprochée de l’antenne locale de l’association SOS racisme, qui lui apporte un appui moral dans cette situation. « Il faut bannir toute forme de racisme, quel qu’il soit, estime Lakhdar Benharira, président de l’antenne jurassienne. Quand je vois ce qu’il s’est passé non loin du Jura avec les chants racistes de la feria de Marboz, dans l’Ain Ou encore la campagne de haine, cet été, contre les gens du voyage… Il faut vraiment faire en sorte d’éviter une forme de banalisation. Tous les êtres humains se valent. Le racisme anti-blanc ? Tous les racismes sont à proscrire, c’est aussi simple que ça. Il n’y a pas de hiérarchisation à faire, ce serait malsain. »

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