«Déborder». Dans l’introduction de son dernier livre, La Dislocation, Emmanuel Todd raconte que, alors qu’il était enfant, son arrière-grand-père, le voyant colorier au-delà des lignes, lui avait lancé: «Vous pourrez déborder quand vous serez capables de ne pas déborder.» A 75 ans, l’universitaire à la retraite a désormais l’âge de déborder. «J’ai dû écrire une vingtaine de livres qui, de mon point de vue, ne débordent pas», écrit-il avant d’expliquer qu’il exprime aussi des doutes: «Je reviens sur le passé, j’évoque des erreurs, j’admets que je suis peut-être en train d’en commettre d’autres.»
Rares sont les intellectuels comme lui à jouir du privilège d’être soit honni, soit adoré. L’intérêt qui prévaut en général pour ces personnalités universitaires étant une écoute plus ou moins attentive, sans trop de polémique. Rien de tel pour l’anthropologue et historien, formé à Cambridge. La dernière étiquette en date est celle de «Poutinolâtre» depuis que, dans La Défaite de l’Occident, il a pointé la Russie comme le gagnant rationnel d’un affrontement avec un Occident déclinant dans sa guerre contre l’Ukraine.


1 hour_ago
30




















.jpg)






French (CA)