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Adèle James est une femme de sciences, native de Cherbourg. La start-up qu’elle a co-fondée a commencé à commercialiser des solutions naturelles alternatives aux antibiotiques.
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Par Corinne Gallier Publié le 15 juil. 2026 à 9h48
Commençons par une définition qui s’impose pour le néophyte : un phage, ou bactériophage, est en biologie un virus capable d’assimiler les bactéries et de les détruire.
C’est dans ce domaine fort pointu qu’Adèle James évolue. « J’ai toujours aimé les sciences », déclare la Cherbourgeoise.
Une bourse à 24 ans
Après des études secondaires au collège Diderot et au lycée Tocqueville, elle quitte son Cotentin natal pour l’université de Caen (Calvados) où elle obtient une licence en biologie, puis elle prend la direction de celle de Tours.
Un Master d’écologie en poche, elle se lance alors dans une thèse de doctorat en microbiologie moléculaire (Sorbonne université).
Ses travaux sur les maladies infectieuses en milieu marin la mènent à la station biologique de Roscoff, en Bretagne, et au passage se voient récompensés par une bourse de 15 000 euros par la Fondation L’Oréal-Unesco.
Ce coup d’éclat vaudra d’ailleurs à la jeune femme alors âgée de 24 ans un article dans les colonnes de La Presse de la Manche.
C’est en 2021 qu’Adèle James co-fonde avec un diplômé d’HEC, Alexandros Pantalis, une biotech appelée Phagos (glouton, en grec ancien, NDLR) qui développe en utilisant l’IA des solutions antibactériennes sur mesure à base de bactériophages (les fameux !) pour lutter contre la résistance aux antibiotiques.
En octobre 2025, la startup installée à Suresnes a levé 25 M€. De quoi voir venir.
En avril 2026, elle a également été gratifiée du prix « Santé de Tech For Future 2026 » organisé par La Tribune et BFM Business.
Nous avons opéré la transition laboratoire/commercialisation l’année dernière, honnêtement, nous ne nous attendions pas à vendre si tôt.
« Pour le moment, nous nous concentrons sur les animaux d’élevage, les volailles essentiellement. Nous en avons ainsi traité 3 millions en France. Mais il est évident que nous ambitionnons de nous tourner petit à petit vers une application humaine ».
« Si on a une appétence pour quelque chose, il faut y aller à fond »
Devenue Parisienne pour raisons professionnelles, la trentenaire n’oublie pas pour autant sa Normandie.
« Je reviens souvent à Cherbourg pour voir mes parents et mes amis de lycée. C’est un peu mon oxygène. Quand je suis dans le Cotentin, j’essaie de passer le plus de temps possible à la plage, faire des activités nautiques », confie cette amatrice de photo, d’art contemporain et de bons restaurants.
Celle qui fait partie des – encore – trop rares femmes de sciences encourage ses congénères à se lancer.
Si on a une appétence pour quelque chose, il faut y aller à fond et ne pas céder aux clichés qui voudraient que les sciences pures, ce ne serait pas pour nous les femmes.
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