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La Ville de Baie-Comeau demande davantage de financement de la part du prochain gouvernement du Québec afin de lutter contre le phénomène de l’itinérance sur son territoire. Le maire, Michel Desbiens, a indiqué lundi, lors de la séance du conseil municipal, que l’itinérance était en haut de sa liste de demandes dans le cadre de la campagne électorale.
Michel Ouellet est sans domicile depuis maintenant un mois. Comme plusieurs dans sa situation, il trouve de l’aide dans des organismes comme le CRÉAM, un centre d’aide pour les personnes vivant avec des enjeux de santé mentale à Baie-Comeau.

Michel Ouellet est convaincu que sa situation va s'améliorer.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Il juge ces services essentiels, entre autres pour faire son lavage et obtenir de la nourriture. Si tu n’as pas d'aide, tu ne peux pas faire grand-chose, explique Michel Ouellet. Malgré l'arrivée de l'hiver, l'homme demeure optimiste.
Il est d’avis que le gouvernement devrait augmenter le financement octroyé à ce type d’organisme. Il y aurait beaucoup de gens qui seraient aidés puis il y aurait beaucoup moins de misère, lance-t-il.
Le coordonnateur du CRÉAM, Fabrice Labrie, estime que les besoins des usagers sont importants. Il constate que de plus en plus de personnes sont aux prises avec des difficultés financières et de la violence conjugale depuis les dernières années. L'organisme manque de ressources.
Le gouvernement n'augmente pas notre financement, on reçoit moins que le minimum qu'on devrait avoir.

Yan Lacombe est intervenant de proximité au CRÉAM. Il fait le pont entre les personnes dans le besoin et les services offerts par les organismes de la région.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Yan Lacombe est intervenant de proximité au CRÉAM. Il est d'avis que Baie-Comeau a besoin d’un centre d'hébergement d’urgence de première ligne, car le plus près se trouve à Pointe-aux-Outardes.
L’intervenant de proximité explique que plusieurs n’ont pas nécessairement le réflexe d’aller chercher de l’aide ou ont de la difficulté à vivre en groupe en raison de problèmes de santé mentale. Ce qu'on ne veut pas, c'est qu’une personne meure dans un banc de neige cet hiver, puis je pense qu'on en est là, explique-t-il.
Il reste deux mois [avant l'hiver], et il faut mettre des choses en place.

Le maire de Baie-Comeau affirme que les pompiers et les préventionnistes consacrent au moins deux jours par semaine à traiter les dossiers de bâtiments occupés illégalement.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Comme ce phénomène s’est accentué ces dernières années sur la Côte-Nord, le maire affirme que les ressources de la Ville doivent de plus en plus souvent intervenir en lien avec l'occupation illégale de bâtiments.
Michel Desbiens rappelle que l’itinérance est une responsabilité du gouvernement du Québec. C'est à eux de créer une maison pour s'occuper de l'itinérance, avec les soins qui sont appropriés et des gens formés pour aider ces personnes, lance-t-il.

Des affiches d'Élections Québec près d'un lieu fréquenté par des personnes en situation d'itinérance à Baie-Comeau.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Selon le CRÉAM, le nombre exact de personnes en situation d’itinérance est difficile à chiffrer, en raison notamment de l'éparpillement des campements dans les forêts. Une bonne partie du phénomène n'est pas non plus visible.

Le maire note que certaines personnes campent aussi dans les forêts, aux alentours de la ville.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
La Ville de Baie-Comeau mise aussi sur la construction de logements abordables afin de s’attaquer au problème.


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