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Les pêches de l'Ontario pourraient être plus rares l'an prochain en raison des pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région du Niagara au cours des dernières semaines, d'après certains agriculteurs et experts.
Trois événements de pluie considérables ont frappé la péninsule du sud de l'Ontario entre le 21 juillet le 2 août, forçant la Ville de St. Catharines à déclarer l'état d'urgence. La région du Niagara a reçu 177,2 mm de pluie au mois de juillet, contre une moyenne historique de 88,3 mm.
Phil Tregunno, qui cultive des pêches à Niagara-on-the-Lake et préside l'association Ontario Tender Fruit Growers, affirme qu'il a constaté une quantité historique sur sa ferme. Tout était submergé pendant un moment, explique-t-il.

La région du Niagara a été frappée de manière importante par la pluie à la fin juillet et au début août.
Photo : La Presse canadienne / Cole Burston
M. Tregunno a dès lors constaté que l'inondation du terrain commençait à avoir des répercussions sur ses arbres fruitiers, particulièrement chez les plus jeunes. Lorsque les racines des pêchers sont inondées, l'arbre a plus de difficulté à absorber des nutriments, décrit-il.
L’accumulation rapide d’eau peut inonder les racines des pêchers, puis tuer les jeunes arbres fruitiers ou accélérer la mort des plus vieux, explique quant à lui le professeur de l’Université de Guelph Jay Subramanian.
Moins de production l'an prochain
Les intempéries pourraient donc réduire la production de pêches l’été prochain, précise M. Subramanian.
Si vous perdez beaucoup d'arbres — certains qui sont renversés, d'autres qui sont sous tension — vous ne verrez pas la même production, confirme M. Tregunno.
La majorité de la production de pêches au Canada a lieu en Ontario. Le trois quarts des acres consacrés à leur culture se trouvent dans la province, surtout dans le Niagara. La production de pêches fraîches commercialisées a atteint 20 242 tonnes métriques au Canada en 2025. 78 % de cette production a été réalisée en Ontario.
M. Subramanian, qui fait des recherches sur une ferme expérimentale dans la région de Niagara — le Vineland Research & Innovation Centre — note que plusieurs des arbres sur celle-ci sont déjà touchés par l’accumulation d’eau.
Les répercussions du temps chaud
Le réchauffement de la planète aura d’autres répercussions sur la culture de la pêche, d’après M. Subramanian.
Il note que le Harrow Diamond — un type de pêcher reconnu en Ontario — mûrit habituellement autour du 28 ou 29 juillet sur sa ferme de recherche. Je récolte maintenant ce même type de pêche entre le 12 et le 15 juillet. Elles ont pris entre deux et deux semaines et demie d’avance en 25 ans.
Le mûrissement hâtif des pêches signifie que les fruits n’ont pas autant de temps pour se développer, ce qui fait en sorte que les pêches sont plus petites et moins goûteuses.
Par courriel, le ministère ontarien de l’Agriculture a fait savoir qu’en 2023, il a investi 343 millions $ pour appuyer la recherche et l’innovation à travers le secteur agroalimentaire ontarien, y compris pour la recherche qui s’attaque aux défis auxquels sont confrontés les producteurs de fruits tendres.
Des représentants du ministère ont visité les secteurs touchés par les inondations, dit le communiqué.
Avec les informations de Marc Apollonio et Paul Forsyth de CBC News


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