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« Initier et de tester les enfants aux nouvelles sexualités » : « Petit Prince », le projet éducatif de Jack Lang, sa fille et Jeffrey Epstein

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Jack Lang dit ne rien savoir, mais le courrier d’Epstein, lui, pose des questions très précises.

Le 28 janvier 2013, Jeffrey Epstein adresse à Jack Lang un courriel intitulé « Petit Prince ». Il y demande : « L’enfant doit-il être initié à la religion, aux nouvelles sexualités, être testé, à quelle fréquence, test standardisé, exemple de projet ? »

Voici la traduction de la réponse de Caroline Lang du 30 janv. 2013.

Bonjour Jeffrey

Afin d’éviter tout malentendu, je tiens à préciser que le document que vous avez reçu de mon père n’est qu’un résumé et non l’œuvre intégrale. Mon père approuve votre suggestion d’aborder des thèmes tels que la religion, les nouvelles formes de sexualité, etc.
Vendredi dernier, mon père a été élu et nommé à l’unanimité par le conseil d’administration au poste de président de l’Institut du monde arabe. Il a finalement décidé de privilégier cette aventure plutôt que de siéger à la Cour suprême. Comme vous pouvez l’imaginer, il est désormais très occupé, avec quelque 200 employés sous sa direction. Il doit maintenant trouver des financements supplémentaires et, surtout, de nouvelles idées pour cet institut qui était resté en sommeil depuis très longtemps. Je pense donc qu’il lui serait plus facile de s’entretenir avec vous de vive voix lors de votre prochain passage à Paris. (mail EFTA01904159.pdf)

Selon RTL, le message d’Epstein semble répondre à un document antérieur présenté comme un projet éducatif appelé « Petit Prince ». Caroline Lang a réduit ce texte à un « simple sommaire ». Son père, lui, a choisi l’ignorance : « Je ne sais pas, je ne peux pas vous répondre, je ne peux pas vous raconter des histoires, je ne sais pas. »

🇫🇷📧 RÉVÉLATION — Jack Lang, sa fille Caroline et Jeffrey Epstein ont travaillé ensemble sur un mystérieux projet éducatif baptisé « Petit Prince », une méthode d’éducation permettant, entre autres, d’« initier » et de « tester » les enfants aux « nouvelles sexualités ». pic.twitter.com/b1ntcXp8GX

— THE NEWS (@thenews_fr) August 31, 2026


Cette ligne de défense paraît d’autant plus fragile que Jeffrey Epstein n’était pas un vague contact croisé à un cocktail. Jack Lang a reconnu l’avoir rencontré en 2010 par l’intermédiaire de Woody Allen. L’ancien ministre a ensuite entretenu avec lui une relation suivie. Il a voyagé dans son jet privé, a échangé avec lui sur un riad au Maroc et a bénéficié de son hospitalité.

Lorsque l’on découvre les crimes d’Epstein après coup, on peut toujours affirmer qu’on ne savait rien. Mais la proximité prolongée avec un homme déjà condamné en 2008 pour des infractions sexuelles impliquant une mineure impose autre chose qu’un haussement d’épaules et quelques phrases embarrassées à la radio.



Caroline Lang n’était pas davantage une simple connaissance lointaine. En 2014, elle s’est rendue à Miami avec ses filles dans la propriété d’Epstein. Elle a aussi cofondé avec lui une société établie aux îles Vierges américaines, destinée à investir dans des œuvres d’art. D’après RTL, cette structure a été financée par Epstein à hauteur d’environ 1,4 million d’euros.

Le financier américain a également inscrit Caroline Lang parmi les bénéficiaires potentiels de son testament. Cette accumulation de relations sociales, familiales et financières dessine un lien durable avec l’homme qui dirigeait l’un des réseaux de prédation sexuelle les plus connus de ces dernières décennies.

Jack Lang plaide la bonne foi. Il assure n’avoir pas connu Epstein « comme prédateur sexuel » et présente sa fille comme une professionnelle de la culture qui aurait laissé d’autres personnes gérer la structure offshore. Pourtant, personne ne contraignait cette famille à multiplier les voyages, les rendez-vous, les projets et les affaires avec un multimillionnaire dont le passé judiciaire n’était pas un secret d’État.

Le courriel « Petit Prince » ne permet pas, à lui seul, d’établir qu’un programme éducatif a été mis en œuvre ou que des enfants y ont participé. Mais son contenu, ajouté aux liens déjà documentés entre les Lang et Epstein, rend l’absence d’explication particulièrement insoutenable. Dans cette affaire, ce ne sont pas seulement les silences qui dérangent. C’est la facilité avec laquelle certains cercles d’influence semblent considérer qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne.

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