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Détruites par l’incendie de juillet 2022, des dizaines de cabanes de résiniers de la forêt usagère de La Teste-de-Buch restent interdites de reconstruction. Pourtant, le Code de l’urbanisme prévoit la reconstruction à l’identique dans les dix ans et la commune a délivré plusieurs permis. Au nom de la sécurité incendie, la préfecture et la justice administrative bloquent toujours les propriétaires de leurs cabanes.
Malgré des permis de construire délivrés par la mairie de La Teste-de-Buch, la préfecture de Gironde continue d'empêcher des propriétaires de résiniers de reconstruire leurs cabanes, brandissant un « risque certain et prévisible ».
Un droit de reconstruire devenu théorique
En juillet 2022, les incendies ont ravagé environ 5 800 hectares autour de La Teste-de-Buch, dont les trois quarts de la forêt usagère, et détruit 47 des quelque 100 cabanes de résiniers du massif. Ces constructions ne sont pas de simples résidences secondaires : elles sont liées à l’histoire et à l’exploitation traditionnelle de cette forêt.
Le Code de l’urbanisme, à l’article L.111-15, prévoit pourtant la possibilité de reconstruire à l’identique un bâtiment détruit par un sinistre dans un délai de dix ans, sous certaines conditions. Des propriétaires ont donc engagé des démarches. La mairie de La Teste-de-Buch a délivré plusieurs permis, notamment pour les cabanes n°87 et n°90, par arrêtés du 24 décembre 2025.
Mais la préfecture de Gironde a contesté ces autorisations. Le 2 mars 2026, le tribunal administratif de Bordeaux a suspendu les permis des cabanes n°87 et n°90, notamment au regard du risque incendie et des conditions d’accès des secours.
Une machine administrative de confiscation
L’argument préfectoral repose notamment sur l’article R.111-2 du Code de l’urbanisme, qui permet de refuser ou assortir un projet de prescriptions lorsque celui-ci présente des risques pour la sécurité publique. Le paradoxe est saisissant : les cabanes que l’administration considère aujourd’hui comme potentiellement dangereuses étaient précisément des points de présence humaine dans le massif.
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La commune soutient d’ailleurs que ces cabanes participent à la prévention des incendies, tandis que certains permis comportaient des prescriptions de sécurité, notamment en matière de débroussaillement. Le dossier révèle surtout un conflit de pouvoirs : d’un côté, le maire et les propriétaires invoquent le droit existant ; de l’autre, l’État utilise le principe de précaution pour neutraliser ce droit.
Et la bataille judiciaire s’allonge. Le 23 juillet 2026, le Conseil d’État n’a pas tranché le fond du conflit concernant les cabanes n°87 et n°90 : il a simplement renvoyé les recours vers la cour administrative d’appel de Bordeaux, compétente pour examiner les appels contre les ordonnances de référé.
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Le Courrier des StratègesLalaina Andriamparany

Au bout du compte, la « sécurité publique » sert de prétexte à une recentralisation discrète du pouvoir sur le foncier forestier. Les propriétaires locaux, qui entretiennent et surveillent le massif depuis des générations, sont traités comme un danger. L’administration, elle, décide à distance.





























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