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Une ordonnance du tribunal administratif de Caen vient d’être rendue publique, au sujet de l’île du Large située à proximité de Saint-Marcouf (Manche). Explications.
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Par Rédaction La Presse de la Manche Publié le 20 oct. 2026 à 6h02
Le juge des référés du tribunal administratif de Caen (Calvados) a ordonné une expertise pour faire la lumière sur « la situation de la faune et la flore » sur l’île du Large à la demande d’une association qui veut « protéger, conserver, restaurer et réhabiliter le site naturel et le monument historique ».
L’archipel des îles Saint-Marcouf (Manche) se trouve en fait en baie de Seine, à « environ 6 km de la côte est de la péninsule du Cotentin » et « à mi-distance entre Saint-Vaast-la-Hougue et Grandcamp-Maisy », resituait l’association des Amis de l’île du Large Saint-Marcouf (AILSM) dans sa requête introduite le 17 décembre 2025 devant le tribunal administratif de Caen.
Il est composé de l’île du Large et de l’île de Terre, qui appartiennent au domaine privé de l’État et ont été rattachées administrativement en 1987 à la commune de Saint-Marcouf.
En zone Natura 2000
Sur l’île du Large se trouvent « des fortifications » qui constituent « un patrimoine exceptionnel » : l’île est d’ailleurs dans son intégralité classée « monument historique » depuis janvier 2017. Reste que celles-ci sont « laissées à l’abandon depuis des décennies » : elles « menacent ruine » et « il y a urgence à entreprendre des travaux de restauration », faisait valoir l’association dans sa requête.
Reste que l’AILSM se retrouve « largement » empêchée de « réaliser les travaux nécessaires » sur cette île puisque « l’accostage et le débarquement ont été interdits » en 2019 par un arrêté préfectoral « pour la période comprise entre le 1er avril et le 31 juillet chaque année, sauf autorisation préalable du préfet ». L’association avait donc saisi le juge des référés du tribunal administratif de Caen afin que celui-ci ordonne une « expertise » portant sur « la situation de la faune et de la flore » pour « actualiser les connaissances sur l’état de la biodiversité » sur l’île.
L’île du Large appartient en effet à la zone Natura 2000 « baie de Seine occidentale » et l’archipel est « classé comme zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique ». Un « arrêté de protection de biotope » – qui vise à interdire ou réglementer certaines activités pour protéger la faune et la flore – avait d’ailleurs été pris à ce titre en octobre 2023 par le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord de l’époque, Marc Véran.
Un rapport attendu d’ici à février 2027
Du point de vue de l’association, un tel arrêté « ne peut être adopté de manière pertinente qu’à la condition que les autorités connaissent véritablement l’état de la faune et de la flore de l’île, la manière dont ces espèces s’insèrent dans un espace large qui dépasse le seul archipel Saint-Marcouf, la répartition de ces espèces entre l’île du Large et les autres lieux potentiels de nidification à proximité ».
Or, « l’État n’a pas cette connaissance nécessaire, les dernières études réalisées sur la biodiversité de l’île datant de plus d’une décennie », soutenait l’AILSM.
Les scientifiques considèrent que les études relatives à la protection de la biodiversité n’ont de valeur scientifique que pendant deux ou trois années après leur réalisation.
« Compte tenu de ces éléments, l’association […] est fondée à faire valoir qu’une expertise judiciaire serait utile pour se prononcer sur la situation de la faune et de la flore de l’île […] dans la perspective d’un litige contre l’État », considère le juge des référés du tribunal administratif de Caen dans une ordonnance en date du 28 mai 2026 et qui vient d’être rendue publique.
Le magistrat a donc désigné Hélène D’Hondt, qui travaille comme « paysagiste libérale et expert foncier » : elle devra recenser « la population de chaque espèce d’oiseaux nichant sur l’île […] et leur part dans les populations de ces espèces au niveau régional, national et européen », et « décrire l’état de la faune et de la flore ».
Cette experte basée à Cagny (Calvados) devra aussi « préciser le statut de protection » et « l’importance » de chaque espèce recensée, et « procéder à une évaluation du risque éventuel d’impact » des « interventions et travaux de restauration » envisagés par l’association. Son rapport, attendu d’ici à fin février 2027, servira de base de travail au tribunal administratif de Caen pour se prononcer dans le cadre d’un éventuel recours sur la légalité de l’arrêté préfectoral de protection de biotope.
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