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CRITIQUE - Une biographie arrache enfin l’énigmatique poète portugais à sa légende d’artiste maudit. Elle est signée d’un écrivain américain qui demeure lui-même dans la Ville des sept collines où vivait l’auteur du célèbre Livre de l’intranquillité.
Le 30 novembre 1935, lorsque, à 47 ans, Fernando Pessoa décède à l’hôpital Saint-Louis-des-Français, où l’ont mené de violentes douleurs abdominales, seuls ses proches savent qu’un génie du verbe vient de s’éteindre. Son œuvre en portugais se résume en effet à Message, recueil poétique couronné un an plus tôt d’un prix douteux décerné par le régime autocratique d’António Salazar. Sur quelles images l’énigmatique Lisboète a-t-il fermé les yeux ? Sur sa jeune nièce qu’il enchantait de ses pitreries chaplinesques ou sur les milliers d’inédits que sa graphomanie entassait dans l’ombre d’une malle ?
Le fol espoir qu’ils puissent un jour en sortir, lui ouvrir le panthéon de la poésie mondiale, l’aura-t-il guidé vers le néant ? « Je ne sais pas ce que demain nous réserve », avait-il griffonné la veille, en haut d’une page désormais sous vitrine, comme le sont ses bésicles, au dernier étage de la casa Pessoa. Sis rua Coelho da Rocha, dans l’immeuble où il passa ses quinze dernières…


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