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Un groupe de manifestants de différentes confessions religieuses a clos, samedi, huit ans de prières sur la montagne de Burnaby pour militer contre l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, certains ayant fait des séjours en prison.
Depuis 2018, le groupe nommé Prayer Circle Direct Action s’est réuni une fois par mois pour prier, chanter et manifester en dessous d’un énorme cèdre à quelques dizaines de mètres du terminal de Trans Mountain, où le pétrole albertain est entreposé et distribué : une juxtaposition intentionnelle.
J'avais besoin d'un lieu pour fusionner ma pratique spirituelle et mon militantisme, affirme la fondatrice Ruth Walmsley, une adhérente du quakerisme, une branche du christianisme avec une longue tradition de pacifisme et pratique spirituelle silencieuse.

Le cercle de prière s'est toujours réuni en dessous d'un énorme cèdre, à quelques dizaines de mètres du terminal de Trans Mountain, visible à droite sur la photo.
Photo : Radio-Canada
En 2022, alors que la construction du pipeline se déroulait à pleine vitesse, les manifestants se sont installés au sein même des arbres, ou dans le chemin des bulldozers.
Nous étions au moins sept à avoir fait de la prison. Les peines allaient d'une semaine à environ huit semaines, se rappelle Ruth Walmsley.

Des membres du groupe Prayer Circle Direct Action s'étaient mis dans le chemin des bulldozers à Burnaby lors de la construction de l'oléoduc en 2022.
Photo : Ruth Walmsley
Catherine Hembling, de la confession unitarienne, un mouvement religieux libéral sans dogme rigide, a fêté son 80e anniversaire le jour de sa sortie de prison.
Les gardiennes étaient les meilleures parmi les meilleures, dit-elle, remémorant le centre correctionnel Alouette de Maple Ridge.
Je suis tombée sur une personne souffrant de troubles mentaux qui m'en voulait vraiment. C'était assez effrayant. Les gardiennes sont intervenues et ont gardé leur sang-froid.

Catherine Hembling, 84 ans maintenant, a marqué son 80e anniversaire le jour où elle est sortie de prison.
Photo : Radio-Canada
Catherine Hembling et ses collègues tracent un lien entre le développement des combustibles fossiles et plusieurs désastres naturels.
Nous sommes tellement pris dans un système basé sur la vente. Nous réfléchissons peu sur nos choix de vie, déplore-t-elle.
Et je trouve qu’il faut une catastrophe majeure, comme les incendies partout dans le monde : le Japon en flammes, l’Europe en flammes, nos propres jardins qui brûlent, pour que nous [nous réveillions], et je ne suis même pas sûr que cela suffise.

Plusieurs confessions religieuses sont représentées au sein du groupe, dont des bouddhistes, des unitariens, et différentes branches du christianisme.
Photo : Radio-Canada
Quand la construction du pipeline s’est terminée en 2024, le groupe a néanmoins poursuivi ses rencontres.
Toutefois, un nouveau groupe de méditation et manifestation écologique s’est récemment formé à Trout Lake, à Vancouver. Il s'opposera notamment au nouvel oléoduc vers le sud de la Colombie-Britannique proposé par le gouvernement albertain. Ruth Walmsley, qui passe de moins en moins de temps à Vancouver, a cru qu’il était le bon moment pour passer le flambeau.

Ruth Walmsley, fondatrice du groupe et pratiquante quakeresse. Le quakerisme est une branche du christianisme qui refuse tout clergé et pratique un culte silencieux et sans rites.
Photo : Radio-Canada
Samedi, une vingtaine de membres du groupe se sont assis en silence et ont partagé des réflexions. Plusieurs ont parlé des effets thérapeutiques alors que des inquiétudes écologiques les submergent.
J'ai tendance à m'indigner contre le monde, [...] Et, bien sûr, ce n'est pas une attitude saine. Un des remèdes que j'ai trouvés a été de rejoindre des cercles de soutien comme celui-ci, a partagé l’un des participants, Stephen Tanner.
Je pense qu'à long terme, c'est la seule voie possible, a-t-il dit. La bataille est terminée, la guerre continue.
Stephen Tanner a aussi écrit des chansons pour le groupe. Colibri en fuite, peux-tu nous pardonner ce que nous avons fait? sont les paroles de l'une d'elles, entonnée par le groupe samedi.
Il s'agit d'un hommage à un nid de colibri rare qui a stoppé pendant plusieurs mois la construction de l’oléoduc en 2021.

Stephen Tanner, un manifestant, distribue des paroles pour une chanson qu'il a écrite.
Photo : Radio-Canada
Se réunir dans un lieu de foi, avec beaucoup de silence et un espace propice aux enseignements de sagesse, est très apaisant, mais cela fournit également les ressources nécessaires pour entrer dans un espace où c'est vraiment, vraiment difficile, a dit Saranabhā (Christine Thuring), une enseignante bouddhiste et écologiste qui passait cinq jours à la fois haut perchée dans les boisés pendant la construction de l'oléoduc.


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