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Par Manuel Paradis 5:30 AM - 17 août 2026 Initiative de journalisme local
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La mine du lac Bloom. Photo Facebook Minerai de fer Québec
Après les difficultés opérationnelles rencontrées par Rio Tinto IOC à la mine de Labrador City, qui ont mené à la mise à pied de plusieurs gestionnaires, c’est au tour de Minerai de Fer Québec et d’ArcelorMittal d’effectuer une rationalisation, en lien avec la hausse des coûts d’exploitation.
On apprenait récemment qu’un gel d’embauche a été mis en place chez ArcelorMittal, tandis que la minière souhaite diminuer ses dépenses opérationnelles de 10 %. L’annonce est survenue à la suite d’un trimestre décevant, où la productivité a été 17 % moins élevée qu’anticipé. Parallèlement à cette diminution de la production, l’entreprise rapporte des coûts à la hausse, ce qui mènerait à une situation insoutenable, selon Mapi Mobwano, président-directeur général de la minière.
« Dans le contexte économique et géopolitique actuel, les coûts des matières premières et du transport maritime augmentent fortement, alors que le prix du minerai recule », explique Annie Paré, directrice des communications chez ArcelorMittal Exploitation minière Canada.
Elle affirme que l’entreprise agit maintenant dans une perspective de discipline, de rapidité et de cohésion.
« Il n’y a aucune perte d’emploi en lien avec le blitz de réduction des coûts. Il n’y a pas non plus de réduction de nos objectifs de production, au contraire. »
Pendant ce temps, on retrouve une situation similaire chez Minerai de Fer Québec (MFQ), qui a aboli 45 postes à la mine du Lac Bloom, en raison d’une hausse importante des coûts d’exploitation.
« Dans une conjoncture difficile, où la hausse du prix du carburant, des explosifs et du transport maritime exerce une pression considérable sur nos coûts d’exploitation, nous avons mis en œuvre différentes mesures visant à renforcer notre rigueur budgétaire et, à l’issue d’une réflexion approfondie sur les besoins actuels et futurs de l’entreprise, pris la décision difficile d’abolir 45 postes sur un effectif de 1 459 employés », explique Noémie Prégent-Charlebois, directrice principale, communications et affaires gouvernementales, chez MFQ.
Risque de surapprovisionnement
L’environnement économique des grandes minières devient plus compétitif en 2026 et 2027, explique Marc-Antoine Dumont, économiste senior chez Desjardins.
« La mine de Simandou, en Guinée, sera pleinement opérationnelle cette année, ou l’an prochain, et sa production représentera à elle seule 3 % à 4 % de l’offre mondiale, c’est donc majeur. Il s’agit de fer de haute pureté, et on estime que l’offre va probablement dépasser la demande. Il y a un risque de surapprovisionnement du marché », dit-il.
La production minière de cette mine a une croissance légèrement plus rapide que ce qui avait été anticipé par le marché, avec des exportations qui ont atteint 2,2 millions de tonnes en mai.
« Le marché est graduellement en train de s’ajuster à cette réalité-là », explique M. Dumont, qui estime que le prix du fer devrait rester stable et avoisiner 95 $ US la tonne l’an prochain.
Quant à la demande chinoise pour l’acier, elle devrait plutôt diminuer, en raison de la baisse des investissements immobiliers et du pivot qu’opère le marché chinois vers des industries de haute technologie, qui dépendent moins des métaux.
La flambée du prix du diesel, de plus de 30 % depuis le début du conflit en Iran, vient ajouter aux difficultés des minières.
Certaines minières produisent actuellement à un coût plus élevé que le prix en vigueur sur les marchés, explique Louis Gravel, expert en logistique ferroviaire et maritime et ancien président-directeur général de la Société ferroviaire et portuaire Pointe-Noire.
« La diminution des prix à 95 $ ou 100 $ de la tonne, ça peut mettre beaucoup de pression sur les revenus. Et parallèlement à la hausse des coûts, ça peut placer certaines compagnies dans des situations défavorables. Mais ce sont des cycles », note M. Gravel.
Questionné sur les différents projets d’investissements qui doivent avoir lieu dans la région, l’expert croit que, bien qu’il soit possible de voir certains reports, la richesse de la fosse du Labrador assure une pérennité à l’industrie.
« Ce n’est pas naturel d’investir quand la situation est moins bonne, mais ça reste le meilleur moment quand même. Le minerai du Québec est de très haute pureté et est présent en énorme quantité. Éventuellement, il sera très rentable d’exploiter ce gisement-là. »
Le projet Simandou
Il s’agit d’un complexe minier de fer de haute pureté, considéré comme le plus important gisement de minerai de fer inexploité au monde. À pleine capacité, il vise une production annuelle de minerai de fer de près de 120 millions de tonnes.
Manuel Paradis
Initiative de journalisme local
Manuel Paradis est basé à Sept-Îles, où il couvre l’actualité et les enjeux économiques de la Côte-Nord. Titulaire d'une maîtrise en économique de l'Université Laval... Lire la suite
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