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Halifax démontre son intérêt pour un club professionnel féminin de hockey

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Les amateurs de hockey de la Nouvelle-Écosse ont lancé un message à la Ligue professionnelle de hockey féminin, dimanche : Halifax est prête pour sa propre équipe.

L'ambiance était festive au Centre Scotiabank alors que la Charge d'Ottawa et le Fleet de Boston s'affrontaient lors d'un match en lieu neutre, confirmant l’engouement de la région pour le hockey féminin.

Devant 10 452 personnes, la Charge s’est imposée en tirs de barrage, 2-1.

En moins d’un mois, deux matchs de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) ont été joués à guichets fermés, à Halifax.

Fanuza Kadirova, le bâton levé, freine devant la gardienne de but, pendant que la rondelle touche le fond du filet.

Fanuza Kadirova, de la Charge d'Ottawa, déjoue Aerin Frankel en tirs de barrage, dimanche à Halifax.

Photo : La Presse canadienne / Riley Smith

Considérant ces succès populaires, Becs Semple, qui a assisté au match de dimanche, estime que le message envoyé à la ligue est clair : On leur montre qu'on le veut.

D’autres spectateurs rencontrés dimanche à l’ouverture des portes du Centre Scotiabank abondaient dans le même sens.

J'aimerais voir une équipe de hockey professionnel féminin maintenant, à Halifax, a lancé More Vail.

Ça prend une équipe professionnelle [féminine] à Halifax, oui! On a tout. On a l'aréna et une belle ville, soutient Sylvain Lescoutre.

Des arguments pour une expansion à Halifax

Le professeur Marc LeBlanc de l’Université de Moncton, un spécialiste du marketing des loisirs, du sport et du tourisme, estime que les conditions sont réunies pour que la capitale de la Nouvelle-Écosse fasse valoir de bons arguments auprès de la LPHF.

À l'intérieur de l'aréna, un employé scanne le téléphone d'une femme qui montre son billet.

Des spectateurs franchissent les guichets du Centre Scotiabank, dimanche à Halifax. Le match a été joué devant 10 452 personnes.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Halifax, observe-t-il, est avantagé par la structure de la ligue, qui favorise des marchés plus petits que ceux de la Ligue nationale de hockey (LNH), par exemple.

Cette ligue est à propriétaire unique. Il y a un seul propriétaire qui, essentiellement, choisit ses marchés, a-t-il expliqué en entrevue, dimanche, au Téléjournal Acadie.

Le propriétaire investit, [...] signe des contrats avec les joueuses — les joueuses jouent pour des équipes, mais signent avec la ligue — puis le propriétaire de la ligue met en place une équipe de gestion dans la ville, note-t-il. Dans le cas contraire, il faudrait trouver des investisseurs. C'est un peu plus compliqué.

Un homme dans un aréna, un micro de Radio-Canada pointé en sa direction.

Marc LeBlanc, un spécialiste du marketing des loisirs, du sport et du tourisme, estime que la création de la Ligue professionnelle de hockey féminin a été bien planifiée.

Photo : Radio-Canada

L’autre aspect qui favorise Halifax, c’est que, même si c'est un petit marché [...], l'aréna répond parfaitement aux exigences de la ligue, ajoute Marc LeBlanc..

Les huit régions où la LPHF s’est implantée sont aussi représentées dans la LNH. Cependant, sept des huit clubs féminins jouent dans des amphithéâtres de moindre capacité que les équipes de la LNH.

Par exemple, la Victoire de Montréal joue à Laval dans un aréna de 10 000 sièges, au lieu de partager le Centre Bell avec le Canadien. La seule exception dans la LPHF est le Torrent de Seattle, dont le domicile partagé avec le Kraken est l’un des plus petits arénas de la LNH.

Les deux matchs de la LPHF joués à Halifax ont été présentés au Centre Scotiabank, un amphithéâtre d’environ 10 500 places qui est le domicile des Mooseheads d’Halifax de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) et des Thunderbirds d’Halifax de la Ligue nationale de crosse (NLL).

Dans des amphithéâtres de cette dimension, c'est plus facile de créer des ambiances et de démarrer une ligue. C'est à l'avantage d'Halifax, estime Marc LeBlanc.

Photo de la patinoire prise du haut des gradins, pendant un match de hockey.

L'intérieur du Centre Scotiabank lors d'un match éliminatoire des Mooseheads d'Halifax, qui recevaient le Phoenix de Sherbrooke, le 30 avril 2023.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Le 17 décembre, il y avait 10 438 spectateurs lorsque Montréal l’a emporté 2-1 en tirs de barrage sur les Sceptres de Toronto.

Dimanche, l’assistance était de 10 452 personnes.

Ces deux rencontres faisaient partie de la Grande tournée (Takeover Tour) de la LPHF, qui présente des matchs dans des villes où elle n’a pas d’équipe, comme Québec, Detroit et Edmonton.

À Halifax, le public a été au rendez-vous, comme à Vancouver et Seattle, où d’importantes foules s’étaient rassemblées lors d’arrêts de la Grande tournée de la LPHF. Après ces succès, les deux villes de la côte ouest ont obtenu des équipes d’expansion pour la saison actuelle, la troisième de l’histoire du circuit.

Une vue de la patinoire et d'une moitié de l'aréna aux gradins bien remplis, pendant la période d'échauffement des deux équipes.

Le 8 janvier 2025, la Victoire de Montréal l'emportait 4-2 sur les Sceptres de Toronto devant une foule de 19 038 spectateurs à l'aréna Rogers, le domicile des Canucks, à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Ethan Cairns

La Charge d'Ottawa a été impressionnée par la réponse du public néo-écossais. Ç’a pris 30 minutes pour que ce soit pratiquement rempli, note Jean-François Plante, porte-parole de l'équipe. Il restait juste des billets simples, aucun siège collé, alors on voit un enthousiasme.

Il estime lui aussi que le Centre Scotiabank d’Halifax est idéal. C'est la bonne grandeur pour notre ligue, affirme-t-il.

Si Halifax était la 9e ville représentée dans la ligue, son aréna serait cinquième sur neuf en termes de siège, et le deuxième plus gros parmi les équipes canadiennes après les Goldeneyes de Vancouver.

Les possibles défis logistiques qui pourraient survenir n’empêchent en rien les jeunes partisans de rêver. Pour la petite Sienna, croisée au sortir de la rencontre de dimanche, l'absence d'une équipe locale se fait sentir.

Tout le monde veut les voir jouer, mais on n'a pas d'équipe, alors on n'a pas d'autographes de gens d'ici, déplore la jeune adepte. Il nous faut une équipe.

Marc LeBlanc estime que le moment est propice pour Halifax. Il faut prendre le train quand il passe. Il passe tout de suite, a-t-il conclu.

Avec des renseignements de Janic Godin

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