NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
FIGAROVOX/CHRONIQUE - Les prises de position d’institutions comme le Conseil supérieur de la magistrature ou le Syndicat de la magistrature montrent que, malgré sa neutralité affichée, la justice est largement politisée et penche à gauche, estime l’avocat.
Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Il a publié récemment « Vol au-dessus d’un nid de cocus » (Fayard, 2025). Il est également président d’Avocats sans frontières.
La politisation de certains magistrats, leurs prises de position publiques au mépris de leur devoir de réserve : certaines ont défrayé la chronique au cours de ma carrière d’avocat. Je ne veux toutefois pas en faire l’objet de cette chronique. En revanche, je souhaite ici aborder cette maladie mortelle qui ronge la justice française et que l’on cache au justiciable malade.
Cette maladie infectieuse s’appelle politisation, par un microbe qui se nomme idéologie. On le trouve sur le côté très à gauche du corps judiciaire. Mais ce mal est malheureusement extrêmement répandu et contagieux, notamment parmi les jeunes sujets. Officiellement, Dame Justice aime à se draper noblement sous le voile pudique de la neutralité. Las, il s’agit d’une pudeur d’apparat, car depuis longtemps déjà, une partie de la magistrature a rangé cette vertu au vestiaire, serrée dans un tiroir dont le Conseil supérieur de la magistrature a perdu la clef.
Prenons le Syndicat de la magistrature. Fondé en 1968 – 68, année idéologique pour chanter comme Brigitte – il a cultivé son image rebelle avec une constance qu’on pourrait presque admirer si elle n’était si dommageable à l’institution qu’il ose prétendre servir.
On ne se souvient que trop du Mur des cons où, outre des opposants politiques, on trouva des parents éplorés de petites victimes assassinées… Je fus de ceux, pour MM. et Mme de Villiers, Ménard et Morano, qui firent condamner sa présidente… contre l’avis du parquet.
Mais on aurait tort de croire à sa repentance. Il est vrai que l’amende symbolique n’aida pas à sa réflexion. Le Syndicat a poursuivi son chemin faussement rebelle (une rébellion sans risque), égal à lui-même : co-signataire en janvier dernier d’une tribune dans Le Monde dénonçant en termes choisis une politique migratoire qu’il qualifie en substance de fabrique à sans-papiers et d’entreprise de déshumanisation. Auteur en décembre d’un communiqué goguenard raillant le Garde des Sceaux. Commentateur, par la voix de sa secrétaire nationale, jugeant «extrêmement graves» les orientations de politique pénale émanant d’un gouvernement légal. Ajoutons sa présence, logique au plan idéologique, à la Fête de l’Humanité, que le ministre de l’Intérieur lui a reprochée avec une impuissance platonique.
Le discours du Syndicat de la magistrature, trouve un écho certain dans une partie certaine du corps judiciaire.
Gilles-William GoldnadelPersonne ne m’empêchera d’écrire ici que je refuse de croire à cette fiction : qu’un magistrat syndiqué, en jean et baskets à la fête de l’Huma le dimanche, est un autre homme quand il arrive au tribunal le lundi et enfile sa robe noire, tout en gardant ses baskets aux pieds.
Je sais que ce syndicat ne représente pas toute la magistrature, et c’est heureusement vrai. Mais il représente tout de même presque un tiers des magistrats syndiqués. Ce qui est loin d’être rien. C’est un syndicat représentatif, siégeant dans les commissions et pesant sur les nominations. Son discours, il me faut oser l’écrire, trouve un écho certain dans une partie certaine du corps judiciaire.
Il ne s’agit pas d’une opinion banale, mais d’une prise de position organisée, publique, réitérée, sur les objets mêmes du contentieux quotidien – l’immigration, la réponse pénale, la violence, l’ordre public – que ces magistrats sont ensuite appelés à juger pour nous protéger. Personne ne m’empêchera d’écrire, par euphémisme, que ce syndicat ne protège pas la nécessaire sérénité judiciaire.
Le problème n’est évidemment pas que ceux qui nous jugent aient des idées. Il est que certains aient renoncé à l’obligation de réserve qui seule rend leur impartialité crédible. On a vu, hélas, ces derniers temps, certains juges commenter publiquement sur les réseaux sociaux, leur qualité de magistrat en bandoulière, des sujets où leur tribunal est partie prenante. J’en ai vu prendre parti crûment sur la question palestinienne. Qui peut nier que cette question se trouve posée dans les prétoires, notamment dans des affaires de racisme ou de terrorisme ?
À lire aussi Fête de l’Huma: le Syndicat de la magistrature est devenu un parti politique
Le devoir de réserve n’est pas un bâillon posé sur la bouche de Dame Justice, dont je rappelle qu’elle porte un bandeau sur les yeux. C’est la contrepartie nécessaire et logique d’un privilège exorbitant qu’on lui confie, celui de juger au nom du peuple français tout entier, y compris les Français qui ne pensent pas comme lui.
Et le Conseil de la Magistrature – qui compte certains de ces juges en son sein –, gardien statutaire de cette déontologie ? Il regarde ailleurs. Un avocat à l’esprit chagrin – nullement tenu à la réserve – y verrait un corporatisme complice. Il pourrait même y apercevoir, avec un œil acéré, encore et toujours ce privilège de couleur rouge. Un simple mais lucide justiciable ne pourra tristement que voir une justice, déjà en péril, qui prend parti et perd la confiance qui lui reste.


1 day_ago
39



























.jpg)






French (CA)