Le corps est omniprésent dans notre rapport à l’intimité, au genre, au soin, au pouvoir, ou même à la sensation de soi, alors que nous sommes constamment invités à le sonder, convaincus qu’il est le siège de toutes les émotions. Si cette manière d’habiter le monde tient aujourd’hui d’une liberté évidente, notre rapport au corps n’a pourtant jamais cessé d’évoluer. Et Georges Vigarello reste celui qui nous en a livré toutes les cosmologies. Car chaque époque le pense et l’interprète différemment, modifiant profondément la manière dont les individus l’éprouvent.
Dans Les Logiques du corps. Une autre manière de penser le temps (Seuil), l’éminent historien rassemble des décennies de travaux pour rappeler comment les savoirs et les usages du corps se sont transformés. Cette odyssée passionnante est, une nouvelle fois, un petit événement éditorial. On se presse pour l’interroger, il balaie l’admiration en souriant: «Je ne sais pas du tout l’impact que tout cela peut avoir. Et d’ailleurs, je préfère ne pas savoir parce que ça vous rend modeste et ça vous fait avancer», nous répond chaleureusement celui qui s’est déjà replongé dans de nouvelles recherches. L’occasion de découvrir quel ciel l’éclaire.


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