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Un amoureux éconduit a sectionné les freins de la voiture de son ex-conjointe, soi-disant pour attirer son attention. Matthieu Carrière a plaidé coupable de ce méfait la semaine dernière au palais de justice de Québec avant d'être condamné à 18 mois de prison.
Ça frappe l'imaginaire, s'est exclamé le juge Jean-Philippe Robitaille au sujet du geste dangereux posé par Carrière, qui s'en est pris à deux ex-conjointes depuis janvier 2025.
Moi, je pensais voir ça seulement dans les films.
En mai dernier, au lendemain de sa rupture avec l'accusé, une Lévisienne l'a échappé belle lorsqu'elle a pris place dans son véhicule pour reculer.
Selon l'exposé conjoint des faits présenté au tribunal, elle a soudainement constaté que son véhicule ne freinait pas. Elle a roulé sans pouvoir s'arrêter jusqu'à ce qu'elle percute la chaîne de trottoir.
Elle a alors vu que le filage de ses freins avait été sectionné des deux côtés. Soupçonnant qu'il s'agissait d'un geste de Carrière, elle l'a confronté à plusieurs reprises avant qu'il finisse par avouer ses torts.

Matthieu Carrière a nié avoir commis le méfait, avant de faire des aveux.
Photo : Facebook Matthieu Carrière
Quand elle lui a demandé pourquoi il avait agi de la sorte, il a répondu qu'il avait le cœur brisé, mais qu'elle avait l'air heureuse malgré tout, indique l'exposé des faits. Après son arrestation, il a affirmé aux policiers avoir sectionné les freins dans le but d'avoir l'attention de la victime.
Les conséquences auraient pu être plus graves, voire funestes.
Extorsion
En plus de l'accusation de méfait, le résident de Saint-Charles-de-Bellechasse a reconnu sa culpabilité à une accusation d'extorsion envers cette même victime, qui lui avait prêté 760 $.
Alors qu'elle lui réclamait le remboursement, le soudeur lui a fait un virement Interac de 500 $, sans lui donner le mot de passe. Il lui a par la suite envoyé un texto pour l'informer que, pour l'obtenir, elle devait avoir une relation sexuelle avec lui. C'est peu de temps après ces échanges que la femme a mis fin à la relation.
Autre victime
Pendant tout ce temps, Matthieu Carrière attendait un procès pour s'en être pris à une autre femme, en 2025.
Lorsqu'il a mis fin à sa relation avec la résidente de Québec, il lui devait toujours 600 $. Dans l'espoir de revoir son argent, la femme a retenu chez elle des biens appartenant à Carrière.
Après avoir insisté auprès de son ex-conjointe pour ravoir ses effets, il a finalement profité de son absence pour s'introduire par effraction chez elle afin de les récupérer. Quand elle le confronte, il nie, avant de lui envoyer des dizaines de messages d'insultes. Il finira par avouer être entré chez elle en continuant de l'inonder de textos disgracieux.
La femme comprendra qu'il l'épie au lendemain d'avoir reçu un ami à la maison. Je l'ai vu, crisse d'épaisse, lui écrit Carrière. Il ajoutera : Tu barrera ta porte comme faut, juste pour pas que toublis (sic). Craignant alors pour sa sécurité, elle portera plainte à la police, qui arrêtera Carrière pour harcèlement criminel.
Cette victime a tenu à s'adresser au juge pour exprimer les conséquences du passage de cet individu dans sa vie.
La femme a expliqué avoir encore peur aujourd'hui lorsqu'elle aperçoit un véhicule similaire à celui que conduisait son harceleur. Pour se protéger, elle a dû déménager, ce qui a entraîné un endettement important. Elle a également fait part de sa vive inquiétude face au retour éventuel de l'accusé en société.
Ça doit être horrible de vivre avec cette crainte-là, a laissé tomber le juge en s'adressant à la victime. Il a tenu à lui expliquer que le système judiciaire mise sur la réhabilitation et la réinsertion pour diminuer les risques de récidive.
En précisant qu'il n'était pas dans la tête de l'accusé, le magistrat a toutefois noté que les procédures judiciaires semblaient l'avoir atteint. Pour le juge, le plaidoyer de culpabilité de Carrière permet d'éviter un procès et représente, espère-t-il, l'amorce de sa réhabilitation par la prise de conscience de ses torts.
Cette entente de 18 mois de prison pour l'ensemble de ses crimes avait été négociée entre la procureure de la poursuite, Me Noémie Dykstra, et l'avocate de la défense, Me Nancy Quirion.
Bracelet antirapprochement
Puisqu'il se trouvait déjà en détention provisoire, il reste à Matthieu Carrière une quinzaine de mois de prison à purger.
À sa sortie du centre de détention, le père de trois enfants sera soumis à une période de probation de trois ans, durant laquelle il lui sera formellement interdit de s'approcher à moins d'un kilomètre de ses victimes.
Pour s'assurer du respect de cette condition, les autorités lui installeront un bracelet antirapprochement avant même qu'il quitte la prison, qu'il devra porter durant deux ans.
Carrière devra aussi se soumettre aux recommandations de son agent de probation, notamment si des thérapies en toxicomanie ou pour contrer la violence sont jugées nécessaires.
Le juge Robitaille lui a servi un avertissement clair, en rappelant qu'il avait déjà des antécédents judiciaires et qu'il se trouvait d'ailleurs en probation au moment de commettre ses récents crimes. S'il devait récidiver, il s'exposerait cette fois à une longue peine de pénitencier, a conclu le magistrat.


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