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La tuberculose continue de frapper le Québec et particulièrement les Premières Nations. Pour contrer ce fléau, un colloque régional de 2 jours se tient les 15 et 16 avril au musée Shaputuan, à Uashat.
L’événement réunit l’ensemble des communautés innues, ainsi que des professionnels de la santé et des intervenants communautaires. L’objectif est de démystifier la maladie, d'informer, et de soutenir les efforts pour lutter contre la tuberculose.

Le colloque a réuni l'ensemble des communautés innues.
Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard
Au cours des dix dernières années, la Côte-Nord a enregistré une quarantaine de cas. D’après le médecin-conseil en santé publique, Stanley Vollant, le taux de tuberculose est 18 fois plus élevé chez les Premières Nations par rapport à la population générale.
Les conséquences de la maladie peuvent être graves et même mener à la mort. L'année dernière, la tuberculose a causé trois décès sur la Côte-Nord, selon Stanley Vollant.
En 2026, j'ai de la misère à croire que c'est encore possible dans un pays comme le Canada. C'est inacceptable!

Stanley Vollant rappelle que le taux de tuberculose est 18 fois plus élevé au sein des Premières Nations.
Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard
Bien que la tuberculose se soigne par des traitements reconnus et efficaces, sa persistance est le reflet direct d'iniquités sociales, d’après Stanley Vollant. La surpopulation des résidences, les problèmes de ventilation des logements, ainsi que la malnutrition sont d'importants facteurs de risques.
Cet enjeu sanitaire est aussi profondément lié au « passé traumatique » des Premières Nations avec les sanatoriums et à leur méfiance envers le système de santé. Les gens partaient pendant 6 mois, 12 mois, 18 mois, et certains ne revenaient pas, donc c'est encore présent dans notre ADN, raconte Stanley Vollant.
Cette peur enracinée fait en sorte que la tuberculose est devenue une maladie dont on parle peu. Stanley Vollant souligne donc l’importance de la sensibilisation pour que les communautés s'approprient les outils de prévention, de dépistage et de traitement.

Stanley Vollant explique que le traumatisme lié aux sanatoriums est encore présent dans l'ADN des communautés.
Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard
L'importance de la sensibilisation
C'est précisément pour briser ce silence que Lauréat Moreau, coordonnateur au musée Shaputuan, prendra la parole durant le colloque. Originaire de Pessamit, il a contracté la tuberculose vers l'âge de 5 ans, ce qui l’a conduit a passé près d'un an et demi en sanatorium.
Il témoignera jeudi devant la population qui est invitée à participer à des moments d’échanges et de sensibilisation à partir de 15 h. Pour lui, l’objectif est de démystifier la tuberculose et d’encourager le dépistage pour prévenir la maladie.

Lauréat Moreau a passé un an et demi en sanatorium après avoir contracté la tuberculose durant son enfance.
Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard
Même son de cloche du côté du Centre de santé Uauitshitun, à l’origine du colloque. Pour sa directrice santé, Marceline Tshernish, ces rencontres visent à trouver des actions concrètes pour éradiquer la maladie dans nos communautés.
Elle insiste sur l'importance d'une prise en charge globale des patients. Marceline Tshernish souligne que le traitement de la tuberculose peut s'étirer sur une longue période et avoir un impact significatif sur la vie des usagers.

Le colloque a lieu au musée Shaputuan du 15 et 16 avril.
Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard
Le directeur de santé publique du CISSS de la Côte-Nord, Richard Fachoun, souligne également l'urgence de déstigmatiser la maladie pour encourager la participation citoyenne au dépistage.
En fin de compte, la réussite de cette démarche reposera sur une action concertée. Comme le résume Stanley Vollant, chacun est appelé à jouer un rôle dans cette lutte.


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