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Auteur(s) France-Soir Publié le 10 juillet 2026 – 10:06

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Ce 8 juillet, les députés ont adopté, en première lecture du projet de loi « Ripost » porté par Laurent Nuñez, un amendement créant de nouveaux délits visant les « free parties ». La mesure, supprimée en commission des lois fin juin, a été rétablie en séance. Les organisateurs encourent jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, les participants six mois de prison et 7 500 euros d’amende, ou une amende forfaitaire de 500 euros, selon LCP. Et le texte va plus loin encore, sera considéré comme organisateur quiconque contribue « de manière directe ou indirecte » à la préparation ou au bon déroulement de la fête. Prêter un groupe électrogène pourrait suffire. Le vote solennel sur l’ensemble du texte est prévu mardi, avant la suite de la navette parlementaire.
Deux ans de prison pour une fête. Le chiffre mérite qu’on le pose là au côté d’un autre… Au 1ᵉʳ juin, les prisons françaises comptaient 88 829 détenus pour 63 237 places, un record, avec 7 608 matelas posés au sol, rapporte CNEWS. La contrôleure générale des lieux de privation de liberté parle de « catastrophe pénitentiaire ». Et c’est dans ce contexte que le législateur invente de nouveaux prisonniers potentiels. Des jeunes. Dont le crime serait de danser dans un champ.
Une autre question se pose quant à la légitimité, légitimité de ceux qui votent les lois et de ceux qui les appliquent. Sont-ils irréprochables à ce point ? Un député LFI, Andy Kerbrat, a été interpellé en octobre 2024 en achetant de la 3-MMC, drogue de synthèse associée au chemsex, auprès d’un livreur de 14 ans. Côté magistrature, un ancien vice-président du tribunal judiciaire de Dijon, qui proposait à des internautes des relations sexuelles avec sa fille de 13 ans, a été condamné à trois ans de prison avec sursis.
Six mois de prison ferme, en revanche, pour l’un des dix condamnés du procès du cyberharcèlement de Brigitte Macron, jugé en janvier. Relayer une rumeur sur la première dame expose donc, dans les faits, à une sanction plus lourde que certains actes autrement plus graves. Chacun appréciera la hiérarchie.
La menace de la prison pour les teufeurs ne serait-elle pas une sorte de solution de facilité, concernant cette jeunesse par milliers que l’on ne sait pas apprivoiser ? Cette menace fait peur, ne coûte rien à annoncer, et évite de trop réfléchir. Encadrer, dialoguer, sécuriser les sites, demande du travail. Brandir le panneau de la prison non. Pendant ce temps, les vrais prédateurs, pédocriminels, délinquants en col blanc, hauts responsables fautifs, traversent la justice, eux, avec des peines aménagées.
Une République qui n’a plus un lit de libre en maison d’arrêt, mais qui promet la prison à sa jeunesse turbulente, raconte un grand malaise, celui d’un pouvoir qui ne convainc plus, mais punit.
Source : France Soir


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