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Le malus vise les multinationales, mais personne n’a encore interdit aux multinationales de refiler l’addition aux gueux.
La loi du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile ne crée pas, juridiquement, une taxe directement réglée par le client. Elle prévoit une modulation de l’éco-contribution versée par les producteurs à la filière textile. Les entreprises concernées devront donc payer davantage lorsqu’elles multiplient les références et n’encouragent pas la réparation de leurs produits.
Jusqu’à 12 euros, mais pas sur chaque article
Le chiffre de 12 euros mérite d’être remis à sa place. En 2026, la pénalité peut aller de 25 centimes à 12 euros selon la catégorie du produit. Elle est en outre plafonnée à 50 % du prix de vente hors taxe. Autrement dit, un haut vendu 3 euros ne pourra pas être frappé d’un malus de 12 euros : le plafond sera bien inférieur. Le barème doit progresser jusqu’en 2030, avec un maximum annoncé de 20 euros.
Selon les précisions du site officiel de l’administration française, la mesure concerne les vêtements, chaussures, linge de maison et textiles neufs destinés aux particuliers. La seconde main n’est pas concernée.
Le principe paraît simple : faire payer les multinationales dont le modèle repose sur des milliers de nouveautés mises en ligne à un rythme industriel. Mais une entreprise n’a pas besoin d’un diplôme de Bercy pour savoir répercuter un coût. Elle peut absorber le coût sur ses marges, réduire ses promotions ou le répercuter, en tout ou partie, sur le prix affiché. Le consommateur, lui, n’aura pas forcément droit à une ligne distincte sur sa facture lui indiquant ce qu’il finance.
Punir les plateformes sans épargner forcément leurs clients
Les familles qui achètent des vêtements à très bas prix ne le font pas toutes par passion du polyester ou par haine de la couture. Pour beaucoup, c’est une réponse à un budget serré, aux enfants qui grandissent vite et aux prix déjà élevés des enseignes classiques. Présenter le client de Shein comme le responsable idéal de la surconsommation permet surtout d’éviter une discussion plus gênante sur le pouvoir d’achat.
La loi prévoit aussi l’interdiction de la publicité pour ces produits à compter du 1er janvier 2027, ainsi que des obligations d’information sur la fabrication et les conséquences sociales et environnementales. Très bien. Mais l’écologie punitive a souvent ce talent rare : annoncer qu’elle s’attaque aux géants, puis vérifier si les petits peuvent encaisser le choc.
La Macronie pourra donc expliquer qu’elle fait payer les plateformes. Les plateformes pourront ajuster leurs prix. Et les Français les moins aisés découvriront peut-être, une fois de plus, que la vertu écologique coûte surtout cher à ceux qui n’ont pas les moyens de l’afficher.


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