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L’ancien ministre s’est vu reprocher ses positions conservatrices par les députés de gauche qui n’ont pas caché l’hostilité à l’égard de sa nomination.
Par Marie Haynes avec AFP
« Vous ne croyez pas que le président de la République aurait pu trouver mieux ? » Proposé par Emmanuel Macron pour devenir le prochain Défenseur des droits, au grand dam des associations, le sénateur LR François-Noël Buffet a été auditionné par la commission des Lois de l’Assemblée nationale ce mercredi 15 juillet. Et, dès les premières questions, le ton a été donné, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.
Le sénateur a promis « une indépendance totale » et affirmé avoir « évolué » sur certaines questions sociétales, devant les députés. L’ex-ministre, qui a commencé sa carrière comme avocat au barreau de Lyon, a assuré aux députés « avoir veillé », tout au long de son parcours, « à ce que les libertés individuelles ou les libertés publiques soient parfaitement respectées ».
Les députés de gauche ont rappelé les positions conservatrices de l’homme politique, telles que son abstention concernant l’inscription de l’IVG dans la constitution ou encore son vote contre l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe en 2013. « J’admets que les choses ont évolué (...) C’était une conviction, un doute que j’avais à cette époque-là, sur les conséquences et pas sur le principe », s’est-il défendu dans un rare mea culpa, évoquant même une « ânerie. »
« Je vous le demande, n’allez pas jusqu’au bout »
Mais l’ancien ministre n’a ni convaincu ni rassuré les parlementaires hostiles à sa nomination. « Être à la tête du Défenseur des droits est une responsabilité politique exigeante, ce n’est pas un stage de réinsertion pour des multirécidivistes anti-choix et anti-droit », a jugé le député LFI Andy Kerbrat. « On vous a connu ministre, sénateur, je ne vous ai jamais vu avoir aussi peu à répondre à des questions précises, techniques, a pour sa part estimé la députée écologiste Sandra Regol. Je vous le demande, n’allez pas jusqu’au bout ».
« La décence, l’éthique même, et j’irai même jusqu’à dire l’élégance, exigent que vous refusiez cette nomination, » a ajouté la députée du même groupe Marie-Charlotte Garin. En réponse, celui qui pourrait succéder à Claire Hédon a affirmé « comprendre les inquiétudes » mais les contester et dénoncé des « procès d’intention ».
Lors de la nomination d’Emmanuel Moulin (un proche du chef de l’État) à la Banque de France, l’hypothèse d’un supposé accord entre le Sénat et l’Élysée en échange de l’arrivée de Jean-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits avait eu de l’écho dans les rangs de la droite. Mais l’entourage de Gérard Larcher a réfuté toute entente et le sénateur LR a affirmé mercredi n’être « pas au courant d’un quelconque marchandage ».
Le vote des députés de la commission des lois sera rendu public après l’audition de l’ex-ministre, le 21 juillet, par leurs homologues du Sénat, qui se prononceront à leur tour pour entériner ou repousser cette nomination.


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