Pourquoi tant d’acharnement? Donald Trump s’en est à nouveau pris à la Suisse mercredi devant la presse américaine, pointant ce pays qui affiche les taux d’intérêt «les plus bas au monde», pendant que les Etats-Unis paient «3,5%».
Alors que le Secrétariat d’Etat au trésor américain a dû intervenir dans la nuit de mercredi à jeudi pour juguler l’emballement de ses taux d’intérêt, cette nouvelle pique contre la Confédération ne doit rien au hasard. Elle traduit une frustration vernie de jalousie. La rage d’un homme, le plus puissant du monde, qui n’arrive pas à obtenir ce qu’une petite démocratie de moins de 10 millions d’âmes possède: une industrie performante et des finances publiques saines.
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Les investisseurs ne s’y trompent pas, eux qui sont prêts à avancer de l’argent à la Confédération pour pratiquement 10 fois moins cher qu’aux Etats-Unis. Cela malgré les «bons chiffres économiques» que Donald Trump assure délivrer. Mais il est un monde qu’il ne peut duper, c’est celui de la finance. Les marchés sanctionnent le dérapage budgétaire qu’ils observent sans véritable perspective de redressement.
Le président américain dispose d’un ministre des Finances qui connaît cet univers par cœur. Celui-ci a réussi à calmer l’incendie en s’engageant à augmenter ses rachats de dette américaine. Ce qui ne change rien au profond déséquilibre des finances publiques américaines. Donald Trump espérait compenser ses baisses d’impôts par le prélèvement de droits de douane que son administration a dû rembourser sur ordre de la Cour suprême. Et même si le déficit pourrait devenir moins criant une fois l’ardoise effacée, l’envolée des dépenses militaires continuera, elle, de plomber le budget.
Parce que l’Histoire sait se montrer terriblement ironique, le jour où la dette américaine franchissait le seuil vertigineux des 40 000 milliards de dollars, la Confédération annonçait qu’elle s’attendait à dégager un «excédent de financement» de 800 millions de francs en 2026, au lieu d’un déficit de 0,7 milliard. Sa dette représente 16% de son PIB contre 125% pour les Etats-Unis. Tout est dit.
Souvent critiquée pour son obsession budgétaire, la ministre des Finances, Karin Keller-Sutter, est en tout cas assurée d’être bien meilleure argentière que Donald Trump. Une petite victoire pour celle qui a été publiquement et brutalement humiliée l’an dernier par le locataire de la Maison-Blanche.
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