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International 25/05/2026 15:44 Actualisé le 25/05/2026 18:03
L’Iran a fait état, ce lundi 25 mai, de progrès dans les négociations avec les États-Unis visant à mettre fin durablement à la guerre, mais a écarté la perspective d’un accord imminent.
Visite à Téhéran du chef de l’armée du Pakistan, médiateur des discussions, contacts diplomatiques tous azimuts dans le Golfe et déclarations positives des deux côtés : la situation, dans l’impasse depuis des semaines, avait paru se débloquer samedi 23 mai. De quoi soulager les marchés où les prix du pétrole ont chuté sous la barre des 100 dollars ce lundi 25 mai.
« Il est exact de dire que nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions en discussion », a commenté ce lundi 25 mai le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
« Mais de là à dire que la signature d’un accord est imminente, personne ne peut l’affirmer », a-t-il ajouté, accusant Washington d’être versatile.
Donald Trump veut ralentir le jeu
Le président américain a lui aussi tempéré les espoirs d’une conclusion rapide. « Soit l’accord avec l’Iran sera un accord excellent et significatif, soit il n’y aura pas d’accord », a-t-il écrit sur Truth Social, alors que son allié israélien insiste sur la nécessité d’« éliminer entièrement la menace nucléaire » - un point que Téhéran ne veut pas aborder dans l’immédiat.
Dimanche déjà, alors que des responsables américains et iraniens faisaient état d’une percée dans les discussions pour trouver un accord mettant fin à la guerre, Donald Trump appelait à « ne pas se précipiter pour conclure un accord » avec Téhéran.
Par ailleurs, le président américain a exigé ce lundi des pays à majorité musulmane, en premier lieu l’Arabie saoudite et le Qatar, de normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre d’un potentiel accord de paix sur l’Iran, en signant les accords d’Abraham. De quoi relancer un nouveau cycle de négociations.
L’épineux détroit d’Ormuz
Les marchés préfèrent, eux, retenir les avancées, avec l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz, dont le verrouillage par Téhéran depuis le début de la guerre fait flamber les cours de l’or noir.
Semblant ouvrir la porte à un compromis, l’Iran a parlé de frais pour des « services de navigation », plutôt que des péages, imposés aux navires transitant par le détroit. Il réclame en échange la levée du blocus américain des ports iraniens, que Donald Trump a dit vouloir maintenir en vigueur « jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé ».
Dans le cadre des tractations en coulisses, la Chine, dont plus de la moitié des importations de brut transporté par voie maritime provient du Moyen-Orient, essentiellement via le détroit, a reçu lundi le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Pékin.
Le contentieux des avoirs iraniens...
Autre contentieux, le dégel des avoirs iraniens bloqués à l’étranger en raison des sanctions américaines.
L’Iran réclame une libération d’une partie de ces actifs dès la première étape et l’établissement d’un mécanisme clair pour garantir le déblocage des autres fonds, selon une « source informée » citée par l’agence Tasnim.
D’après cette source, des désaccords persistent sur le sujet. Ce dernier est crucial pour un Iran affaibli par des décennies de sanctions et la guerre, selon l’analyste Ali Vaez, de l’International Crisis Group.
... Et celui du front libanais
Reste enfin le front libanais du conflit, « la pilule empoisonnée » qui pourrait faire capoter les discussions, avertit Ali Vaez. Selon Téhéran, le cessez-le-feu doit s’appliquer à tous les fronts de la guerre régionale, y compris au Liban.
« L’Iran ne peut se permettre de sacrifier le Hezbollah qui est venu à son secours, mais en insistant sur ce point, il offre à Israël un moyen de faire échouer un accord entre l’Iran et les États-Unis », relève l’expert.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a d’ailleurs assuré dimanche que Donald Trump avait réitéré « le droit » d’Israël à se défendre.


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