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Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux anciens militants du GUD (Groupe union défense), encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Par Pierre Tremblay avec AFP
« Il était juste là pour faire la fête. » Lundi 7 septembre, le procès pour l’assassinat du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú s’est ouvert à la Cour d’assises de Paris, en présence des proches de la victime et des principaux accusés. Loïk Le Priol, principal accusé, a répété avoir « tiré » sur l’ancien sportif pour se « défendre » dans une bagarre, dans ses premiers mots à la cour, qui rendra son verdict le 25 septembre.
Le 19 mars 2022, ce militant d’ultradroite, qui avait une inclination pour la violence et les armes, avait fait feu six fois sur la victime, dont deux tirs mortels, épilogue sanglant d’une dispute alcoolisée, née à la terrasse d’une brasserie en plein centre de Paris avec Federico Martin Aramburu et un autre rugbyman, Shaun Hegarty.
Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article, Le HuffPost était sur place à la Cour d’assises de Paris pour l’ouverture de ce procès très attendu.
« Je suis l’auteur de la mort de Federico Martin Aramburu. J’ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre. Ce sera à la cour d’assises de décider si cette défense était légitime ou non », a déclaré Loïk le Priol, 32 ans, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
« Mais quelle que soit cette décision, c’est à vie que je suis condamné à porter ce drame immense. Je ne cesserai jamais de demander pardon », a ajouté le jeune homme, ancien membre d’un commando des forces spéciales qu’il avait dû quitter en 2015, déjà après des violences qui lui avaient été reprochées sous l’uniforme.
« Je n’ai jamais voulu tuer M. Martin Aramburu »
Son ami Romain Bouvier, un autre ancien militant du GUD, organisation étudiante radicale violente et depuis dissoute, a reconnu s’être rendu coupable de « violences avec armes » mais a contesté, comme durant l’enquête, toute intention d’homicide.
« Je n’ai jamais voulu tuer M. Martin Aramburu, je n’ai pas voulu le blesser, je n’ai même pas voulu le toucher », a ajouté cet ancien étudiant en droit qui, avant Loïk Le Priol, avait tiré quatre fois sur Federico Martin Aramburu.
L’enquête a démontré que les coups mortels avaient été tirés par Loïk Le Priol.
Les deux hommes sont des amis de longue date. Le soir des faits, ils n’auraient théoriquement pas dû être ensemble, soumis à un contrôle judiciaire pour leur implication dans l’agression extrêmement violente, chez lui, d’un dirigeant du GUD.
Celle-ci leur a valu d’être déjà condamnés à de la prison ferme, trois ans pour Bouvier, deux ans pour Le Priol, qui s’était vu reconnaître une altération de la responsabilité en raison d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT), héritage de ses années militaires. La réalité de ce TSPT divise les experts et sera questionnée durant le procès.
L’ancienne petite amie de Le Priol, âgée de 29 ans, qui était présente durant la dispute puis les tirs de Bouvier, comparaît elle pour complicité de tentative d’assassinat, une incrimination qu’elle a contestée dans des premiers mots confus au procès.
La conscience que la jeune femme avait ou non de la volonté de Le Priol et Bouvier de retrouver les rugbymen pour en découdre après leur dispute et une violente bagarre à la terrasse d’une brasserie parisienne, ou sa connaissance du fait qu’ils étaient armés, seront des enjeux cruciaux pour elle, qui encourt également la perpétuité.
Un autre homme, âgé de 37 ans, est lui jugé pour avoir aidé Bouvier durant sa courte cavale. Il encourt une peine bien moins importante.


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