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Depuis 2016, plus de 50 000 Canadiens sont morts d’une surdose d’opioïdes. Le rythme quotidien de cette hécatombe en souligne toute l’ampleur : 20 personnes meurent chaque jour après avoir fumé ou s’être injecté des produits souvent achetés dans la rue.
Depuis des années, le pays tente de faire face à cette crise sans précédent. Parmi les solutions proposées, l’idée de décriminaliser, voire de légaliser les drogues dures fait son chemin à travers la voix de militants. Vancouver, devenue tristement célèbre pour être l’une des métropoles les plus touchées au pays, fait office de chef de file dans le domaine.
Searching for Drug Peace est le premier long métrage du jeune réalisateur Alisher Balfanbayev. Il donne la parole à des figures historiques qui veulent abolir la guerre contre la drogue. Une mentalité qui, selon elles, ne serait qu’une façon de stigmatiser les plus pauvres et mettrait en danger la vie des usagers. Dana Larsen, militant historique, est le principal visage du film.
Plus efficace que les établissements du gouvernement?
La caméra suit son quotidien sur la rue Hastings, où il possède plusieurs magasins, parmi lesquels un café dans lequel il sert des boissons avec des feuilles de coca infusées et vend toutes sortes de substances psychotropes. Son enseigne principale a une licence de vente d’articles de fêtes. Un humour qui n’est pas du goût des politiciens locaux. Chaque client, qu’il achète des champignons magiques ou du DMT, repart avec une feuille d’information qui décrit les effets et les dangers potentiels de chaque substance.
En dehors du Coca Leaf Café, Dana Larsen gère aussi un centre nommé Get Your Drug Tested (Venez faire tester votre drogue, traduction libre), entièrement autofinancé par ses commerces. Un espace qui promet aux consommateurs des plages horaires étendues et des résultats bien plus rapides que ceux offerts dans les centres publics. Selon lui et ses équipes, ce type d’établissement permet aux usagers de savoir ce qu’ils consomment et ainsi d’éviter les accidents.
Les autres personnages de Searching for Drug Peace, dont la plupart sont des employés ou des associés de Dana Larsen, illustrent un militantisme axé davantage sur l’action que sur la discussion. Ils revendiquent leur désir d’être simplement : les dealeurs qu’ils voudraient voir dans ce monde. Le film s’arrête aussi dans l’éphémère dispensaire de cocaïne et d’héroïne garanties sans fentanyl de Jerry Martin, qui avait fait couler beaucoup d’encre en 2023 avant la mort par surdose de son fondateur.
L’une des surprises de ce documentaire est la pudeur dans laquelle le réalisateur enrobe son propos. Peu de scènes où des usagers de drogues jonchent les trottoirs, quasiment aucune violence ni image choquante, mais plutôt une sorte de routine que les militants ont construite, convaincus que le temps leur donnera raison.

Dana Larsen est la figure principale du documentaire.
Photo : Avec l'autorisation de Hot Docs
Un film qui vient mettre en image une réalité positive dans la tentative de lutter contre la crise des opioïdes. Il offre un son de cloche différent de celui des histoires qui mettent l’accent sur son aspect spectaculaire et ses effets délétères. Il ne conviendra peut-être pas à ceux qui découvriront le problème seulement grâce à ce film, car une connaissance préalable des enjeux est nécessaire.
Mais l’existence de Searching for Drug Peace vient participer à la réflexion autour de ces questions et témoigne de l’intérêt à ce que celles-ci fassent l’objet de débats démocratiques dans le futur. Ou jusqu’à ce qu’une solution pour sauver la vie de milliers de gens émerge?
Searching for Drug Peace, réalisé par Alisher Balfanbayev, avec Dana Larsen. Projeté à l'occasion du festival Hot Docs, à Toronto, mercredi 29 avril. Durée : 1 h 29.


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