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CHRONIQUE - L’auteur des « Racines du mal » est mort il y a dix ans. Surgi au temps de la mondialisation heureuse, cet écrivain prophétique annonçait la révolution de l’IA, le largage de l’Europe par rapport aux États-Unis et le retour des guerres de civilisation.
Passer la publicité« Un réactionnaire est un révolutionnaire raté ; un conservateur, un progressiste lucide . » On trouve cet aphorisme, parmi beaucoup d’autres, dans le journal de Maurice G. Dantec, publié chez Gallimard à la fin des années 1990 et au début des années 2000 (Le Théâtre des opérations. 2000-2001. Laboratoire de catastrophe générale). Il dit assez bien la singularité de cet écrivain inclassable, excessif, visionnaire, qui n’a jamais cessé de dynamiter les catégories politiques et littéraires de son temps.
Maurice G. Dantec est mort il y a dix ans, le 25 juin 2016, à Montréal, à l’âge de 57 ans, prématurément détruit par une vie d’excès et de drogues. En littérature, le tribunal de la postérité applique des lois obscures : certaines œuvres naguère célébrées tombent dans l’oubli, tandis que des écrivains hier délaissés bénéficient de retours en grâce inattendus. Camus est au pinacle, Sartre au cachot ; Anatole France est aux oubliettes, tandis qu’on a redécouvert Irène Némirovsky. Dix…


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