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Le Cirque du Soleil a présenté mercredi son très attendu spectacle hommage à Jean Leloup, Paradis perdus. Plus de 3000 spectateurs étaient installés dans l'Amphithéâtre Cogeco, prêts à plonger dans l’univers de ce dixième spectacle du Cirque du Soleil à Trois-Rivières. Dans la salle… comme sur la scène!
C’est la grande nouveauté cette année : une expérience immersive permet au public de monter sur scène et d’y rester pendant toute la durée du spectacle, au plus proche des artistes. Environ 80 personnes peuvent vivre l’expérience chaque soir.
Ça n’a jamais été fait dans l’histoire du Cirque. Selon Daniel Ross, directeur de création du spectacle, ce point de vue inédit correspond bien à l’univers de Jean Leloup. Son œuvre est très proche des gens, y compris de ceux qui vivent dans la marge.
Ce que le Cirque voulait, c’était que le public assis dans la salle se reconnaisse sur scène à travers ces toucans, en référence aux cent toucans que mentionne Leloup dans sa chanson Le Dôme.
Et alors, ça donne quoi d’être un Toucan?
L’expérience débute bien avant le lever de rideau. Une heure avant le spectacle, l’armée de toucans doit être rassemblée, déjà rassasiée d’un cocktail et costumée de quelques parures de plumes colorées qui sont prêtées par le service des costumes.

Perrine Bullant a pris part à l'Expérience immersive des toucans du Cirque du Soleil.
Photo : Radio-Canada / Kim Alarie
Ensuite, nous sommes accompagnés par Chantale Jean, la directrice des productions du Cirque du Soleil. Son rôle, à ce moment, c’est de passer avec nous en revue le déroulement du spectacle.
Les consignes sont claires : on entre sur scène accompagnés des acrobates, on s’installe à nos sièges, on peut groover si on veut groover, propose Chantal Jean, mais on reste assis. Il existe une exception dans le spectacle où l’on doit exécuter une chorégraphie, quelques petits pas de danse, sur l’ambiance festive de Paradis City.

Le rôle de Chantale Jean est de passer en revue le déroulement du spectacle avec les toucans avant la levée du rideau.
Photo : Radio-Canada / Perrine Bullant
Le reste du temps, on profite du spectacle. L’assise est un peu rudimentaire : une chaise de camping dépliée sur un coussin, mais le confort peut bien être sacrifiée au prix d’un point de vue surprenant et totalement inédit.
L’expérience immersive tient ses promesses
Être un Toucan, c’est une perspective inusitée et fascinante sur le travail des acrobates. Rien ne s’improvise lorsqu’on réalise des prouesses d’un tel calibre, et cette expérience nous permet d’en prendre l’ampleur.
On peut voir les athlètes qui s’échauffent, les mains qui tremblent, les corps qui se contractent, la précision des gestes comme lorsqu’un acrobate s’aventure à grimper les barreaux d’une échelle qui repose… sur une sangle à moitié tendue dans le vide.

Les toucans sont invités à rester jusqu'à la fin du spectacle.
Photo : Radio-Canada / Perrine Bullant
Être à une telle proximité, ça permet de contempler tous les détails qui ont été pensés pour les accessoires, le décor, les costumes et le maquillage. Mais aussi d’apprécier le jeu d’acteurs des acrobates qui ne décrochent jamais de leur rôle d’un bout à l’autre du spectacle.
Ça permet aussi de prendre la mesure de toute la préparation avant chacun des numéros. La chorégraphie millimétrée des acrobates qui installent le décor et les éléments techniques et acrobatiques. Les sangles qu’on attache, les barres qu’on sécurise, le tapis qu’on fait subtilement glisser au sol entre deux acrobaties.
Pour les passionnés des coulisses, c’est l’expérience parfaite.
Mais si vous aimez le Cirque pour les histoires que ça raconte, pour vous émerveiller et plonger dans l’univers de Jean Leloup, alors restez plutôt dans la salle.
Un autre spectacle que Paradis perdus
Comme Toucan, je n’ai pas pu voir l’histoire qui était racontée, les décors et les effets de lumière qui sont censés guider le spectateur, mais j’ai vu quelque chose d'autre. Grandiose, assurément, mais pas le même spectacle.
C’est impressionnant. C’est inattendu, c’est du jamais vu, résume l’une des participantes après l’expérience, Isabelle Bédard. Selon elle, la proximité est exceptionnelle. Et même si les artistes faisaient un effort pour se retourner vers les toucans, elle reconnait que c’est une perspective complètement différente, avant d’ajouter que ça donne envie de revoir de l’autre côté.
C’est aussi l’avis du directeur de création du spectacle, Daniel Ross. La meilleure manière de voir le spectacle, dit-il, c’est de faire les deux. En salle et sur scène. Le seul hic? Il faut casser la tirelire… Pour profiter d’une paire de billets pour l’Expérience immersive, il faut débourser 330 $ lors de la réservation.


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