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L’issue de la campagne électorale qui s’amorce jeudi pourrait bien se décider dans la région de Québec où, à moins de 40 jours du scrutin, tout semble encore jouable. Pas étonnant, donc, que les principaux partis politiques mettent le paquet pour tenter de convaincre un électorat qui ne demande qu’à être séduit.
L’analyste politique Antonine Yaccarini s’attend à ce que la Capitale-Nationale joue un rôle important, voire déterminant, dans la campagne. Le résultat de l’élection pourrait être complètement différent de celui de 2022, prévient-elle.
Il y a plusieurs courses très, très serrées dans la région, dans Chaudière-Appalaches aussi, d'ailleurs. Donc, évidemment, ça pourrait, selon comment les courses dans chacune des circonscriptions se déroulent, changer le portrait sur la scène nationale parce qu'on voit présentement dans les projections que c'est très serré, que rien n'est joué, confie Mme Yaccarini en entrevue à Radio-Canada.

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Antonine Yaccarini prévient que les partis politiques qui courtisent l’électorat de Québec devront proposer une vision et des projets concrets pour la capitale.
Photo : Radio-Canada
La CAQ moins populaire
Selon l’analyste, plusieurs facteurs expliquent la dynamique particulière qu’on observe dans la capitale, à commencer par la baisse de popularité de la Coalition avenir Québec (CAQ) attribuable, entre autres, à ses tergiversations dans le dossier du troisième lien.
Le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) sont ceux auxquels la diminution des appuis à la CAQ profite le plus.
Ce qu'on voit, en fait, c'est une lutte entre les partis bleus. Donc, le Parti québécois, qui pour la première fois depuis longtemps est très, très compétitif dans la région, [...] et le Parti conservateur, évidemment, qui est le nouveau joueur dans cette campagne électorale, qui pouvait faire la différence dans des comtés en 2022, mais qui, maintenant, est vraiment [bien positionné] pour aller chercher ces circonscriptions-là, observe Antonine Yaccarini.

La Coalition avenir Québec a perdu des plumes dans la région de Québec depuis les dernières élections.
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Même si la CAQ a perdu des plumes depuis la dernière élection, elle conserve néanmoins des appuis à Québec, ce qui pourrait faire la différence dans plusieurs circonscriptions, croit l’analyste.
La course dans les deux circonscriptions détenues par Québec solidaire dans la région, Jean-Lesage et Taschereau, va également retenir son attention. Si la formation de gauche réussit à maintenir sa présence dans la capitale, elle pourrait éventuellement détenir la balance du pouvoir dans l’éventualité où un gouvernement minoritaire est élu.
Il en va de même pour les conservateurs qui, selon les projections actuelles, sont en voie de remporter plusieurs sièges, fait remarquer Mme Yaccarini.
Évidemment, tout ça dépend des prochaines semaines. La campagne va être importante. Mais c'est sûr que c'est une fenêtre d'opportunité très, très intéressante pour Éric Duhaime dans le contexte politique actuel.

Éric Duhaime en conférence de presse dans la région de Québec
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Quant aux libéraux, ils peinent à son avis à connecter avec les électeurs francophones, particulièrement dans la région de Québec.
À Québec, on aime être courtisés
Philippe Dubois, professeur en communication et gouvernance à l'École nationale d'administration publique (ÉNAP), s’attend lui aussi à ce que la région de Québec joue un rôle important dans la campagne électorale.
Il souligne que tous les partis actuellement représentés à l’Assemblée nationale peuvent réalistement aspirer à y faire élire ou réélire au moins une personne de leur formation.
C'est intéressant parce qu'à Québec, on aime être courtisés. On est une région qui change parfois d'allégeance, qui, parfois, accorde sa confiance à des nouveaux partis, parfois, on revient [vers] des partis qu'on connaît davantage. Donc, la course dans la grande région de Québec va être intéressante parce qu'elle va permettre à certains partis d'avoir des gains très payants, et peut-être à d'autres partis d'avoir des pertes très désavantageuses aussi, indique M. Dubois.

Philippe Dubois fait remarquer que la composition de l’électorat de Québec a beaucoup évolué, de telle sorte qu’on y retrouve aujourd’hui une diversité politique « très intéressante ».
Photo : Radio-Canada
À l’instar d’Antonine Yaccarini, il croit que les résultats du scrutin à Québec risquent d’avoir un effet sur qui sera élu le soir du 5 octobre.
La campagne débute à peine [et] elle va compter. Et dans des courses à plusieurs, bien, on pourrait avoir plusieurs surprises qui pourraient éventuellement influencer la composition du gouvernement.
L’électorat de Québec étant habitué à se faire faire la cour par les partis, ceux-ci devront faire la démonstration qu’ils accordent une place particulière à la région et à son statut de capitale dans leur plateforme électorale, prévient le professeur à l’ÉNAP.

Le Parti québécois et le Parti conservateur sont ceux auxquels la diminution des appuis à la CAQ profite le plus. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Il y a une demande, il y a une pression envers les partis politiques pour faire vivre ce rôle de capitale là qui est une ville d'importance politique particulière. Et ça peut aussi motiver certains partis, dans leurs actions concrètes, à dire : "Bien, on va se tourner d'abord vers Québec." Québec qui devrait être la porte d'entrée pour tout le Québec. C'est ça, une capitale, soutient Philippe Dubois.
L'importance du terrain
Le fait que plusieurs partis aient décidé d’établir leur quartier général de campagne à Québec témoigne par ailleurs de l’enjeu que représente la course dans la Capitale-Nationale.
Au-delà de la campagne menée par les chefs et leurs candidats dans les médias, le professeur croit que les partis devront accorder une importance particulière au travail de terrain.

Des pancartes ont fait leur apparition en fin de journée mercredi dans le paysage de la région.
Photo : Radio-Canada / Vincent Gosselin
Une campagne électorale, oui, c'est la joute médiatique nationale, mais c'est aussi des gens qui vont frapper à des portes, qui vont identifier les sympathisants et qui les font voter le jour du vote. Et dans des courses serrées, c'est là que les élections peuvent se jouer dans les circonscriptions, insiste Philippe Dubois.
Sans la présence des bénévoles qui font sortir le vote le jour du scrutin, on risque selon lui d’assister à des surprises, bonnes ou mauvaises.
Avec des informations d’Alexandre Painchaud


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