Depuis plus d’un siècle, les sables d’Égypte livrent leurs secrets funéraires. Mais une équipe de chercheurs espagnols vient de tomber sur une anomalie rituelle absolue. Dans une nécropole du centre du pays, une momie vieille de 1 600 ans a été exhumée avec un détail stupéfiant : un fragment de l’Iliade d’Homère, écrit en grec ancien, était délibérément collé sur son ventre. Cette utilisation profane et littéraire, totalement inédite dans l’histoire de la momification, bouscule les certitudes des égyptologues sur les pratiques de l’embaumement.
Ce que vous allez apprendre
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La découverte inédite d’un grand texte littéraire au cœur d’un rituel funéraire.
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L’hypothèse audacieuse d’une « signature » laissée par un artisan embaumeur.
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Pourquoi le chef-d’œuvre d’Homère circulait en pleine Égypte antique.
Un chef-d’œuvre au cœur du rituel funéraire
La cité antique d’Oxyrhynchus, située au centre de l’Égypte, est un terrain de jeu inépuisable pour les archéologues depuis la fin du dix-neuvième siècle. Ses immenses nécropoles ont déjà livré d’innombrables trésors et des milliers de papyrus.
L’utilisation de textes grecs intégrés au processus même de la momification n’est pas une nouveauté en soi. Les embaumeurs glissaient régulièrement de petits écrits scellés sur les corps de l’époque romaine.
Mais jusqu’à présent, le contenu de ces papyrus était exclusivement magique ou religieux. Il s’agissait de prières standardisées destinées à protéger le défunt ou à faciliter son passage dans l’au-delà.
La véritable onde de choc de cette découverte réside dans la nature même du texte retrouvé. Pour la toute première fois de l’histoire, c’est une œuvre de littérature classique et profane qui a été incorporée à un rituel d’inhumation.
La signature secrète d’un artisan
Le fragment découvert sur l’abdomen de la momie est en mauvais état, mais les chercheurs ont formellement identifié un extrait du livre II de l’Iliade. Il s’agit plus précisément du fameux « Catalogue des vaisseaux », un passage épique relatant la guerre de Troie.
La présence de ce texte mythologique sur un cadavre égyptien défie la logique archéologique. Que vient faire le poème d’Homère, célébrant le guerrier grec Achille, dans les bandelettes d’une momie ?
L’équipe de l’Université de Barcelone avance une hypothèse fascinante. Plutôt qu’une fonction magique, ce papyrus littéraire pourrait agir comme la « signature » personnelle de l’embaumeur en chef.
Tel un artiste signant sa toile, cet artisan aurait délibérément glissé cet extrait littéraire pour apposer une marque de fabrique reconnaissable sur son travail de momification.
Crédit : Mission archéologique d'OxyrhynchusL’Iliade, le « best-seller » de l’Antiquité égyptienne
Pour comprendre comment ce texte s’est retrouvé là, il faut se plonger dans le contexte culturel de l’époque romaine. À cette période, l’Égypte était profondément hellénisée.
Le grec n’était pas seulement la langue officielle de l’administration, c’était aussi le socle de l’éducation des élites locales. L’Iliade y était enseignée, recopiée et largement diffusée.
Les corps exhumés à Oxyrhynchus, dont certains portaient des feuilles d’or sur la langue, appartenaient à une classe sociale aisée et cultivée, parfaitement familière avec l’œuvre d’Homère.
Pour percer définitivement ce mystère sans détruire le fragile papyrus, les archéologues prévoient désormais d’utiliser des technologies de pointe non destructives, comme la radiographie aux rayons X, afin de révéler les ultimes secrets de cette momie littéraire.


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