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Entrevue avec Ian Lafrenière, vice-premier ministre sortant

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(NDLR : Au cours des quatre prochaines semaines, L’Express vous présente une série d’entrevues issues d’une collaboration spéciale avec Partenaires 12-18. L’organisme donne la parole à des jeunes ayant réalisé des entrevues avec des candidats et chefs des principaux partis politiques. À travers leurs questions et leurs échanges, les adolescents abordent avec les politiciens les enjeux qui les préoccupent pour ainsi mieux comprendre leurs positions.)

Qu’est-ce que vous allez faire pour encourager la jeunesse à prendre davantage soin de sa santé?

La santé des jeunes, ça passe d’abord par la prévention — le sport, l’activité physique, la socialisation. Un jeune qui bouge, qui a un endroit où aller après l’école, qui a une ressource vers qui se tourner quand ça va moins bien, c’est un jeune mieux outillé pour l’avenir. C’est dans cet esprit qu’on a ajouté une heure de parascolaire gratuite par jour dans les écoles secondaires. On a aussi déployé les Aires ouvertes, un service gratuit et sans rendez-vous pour les 12 à 25 ans qui ont besoin de soutien, que ce soit pour leur santé physique ou mentale. On a également fait des choix qui demandaient du courage politique, mais qui étaient nécessaires : interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans. On a aussi interdit les cellulaires à l’école, du début à la fin des cours, partout sur le terrain. Et on a investi en amont, dans la prévention. Ce travail-là n’est pas terminé. On va continuer à agir dans cette direction.

Pourquoi un jeune entre 12 et 18 ans devrait-il s’intéresser aux élections?

Je comprends qu’à 14 ou 15 ans, la politique peut sembler éloignée du quotidien. Mais tout ce qui façonne ta réalité, ton école, les services dans ton quartier, l’accès au logement que tu chercheras dans quelques années, la sécurité de ton milieu de vie, se décident en bonne partie en politique. Tu ne votes pas encore, mais les décisions d’aujourd’hui, c’est toi qui devras composer avec dans cinq, dix, quinze ans. Mon conseil : commence par t’informer avant de te sentir obligé de te positionner. Lis, pose des questions, assiste à un débat, échange avec ton député. Le jour où tu auras 18 ans, tu sauras déjà ce que tu défends.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir politicien?

J’ai passé 28 ans dans la police avant de faire le saut en politique. J’ai été sur le terrain, j’ai côtoyé des familles en difficulté, j’ai vu de près les limites du système. En 2018, j’ai fait le choix de me lancer parce que je voulais faire partie du changement plutôt que de simplement le constater de l’extérieur. Deuxièmement, c’est du bien concret, à tous les jours : à l’époque, je prenais la route vers Montréal en empruntant une autoroute très importante au Québec, et je chialais sur le traffic. Alors, au lieu de continuer à chialer, j’ai décidé de m’impliquer pour changer les choses.

Quelle est votre position sur le logement abordable, et quelles mesures concrètes proposez-vous?

Notre priorité est d’accélérer la construction de logements abordables pour augmenter l’offre, parce que c’est là que se trouve le coeur du problème. Concrètement, on a accordé plus de pouvoirs aux villes pour accélérer les projets de construction. On mise davantage sur le préfabriqué pour bâtir plus rapidement et à moindre coût. On a aussi favorisé l’implication du secteur privé pour partager les coûts et livrer plus de logements, plus vite.

Ian Lafrenière : Maintenant à moi de vous poser une question : Si tu avais le pouvoir de changer une seule chose autour de toi, dans ta communauté, pour améliorer la vie des gens, ce serait quoi?

Camille Hurard : Avoir un petit dîner gratuit. Par exemple, si t’as faim, tu peux aller chercher un petit quelque chose, un fruit ou peu importe, à la cafétéria.

Byanka Girard : L’intimidation. Même si c’est sûr que ça peut pas se faire d’un claquement de doigts, mais peut-être mobiliser les adultes pour donner des conséquences beaucoup plus sévères.

Jacob Roy : Je bannirais les vapoteuses et les cigarettes.

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