Depuis deux ans et demi, trois jours par semaine, le procès «Lundin» occupe la salle d’audience numéro 34 du Palais de justice de Stockholm. Avec le temps, à part quelques assidus, les journalistes avaient quelque peu déserté les chaises de l’édifice au style romantique caractéristique de l’architecture nordique du début du siècle dernier. Mais ce jeudi matin 15 janvier 2026, les médias se pressent devant la porte de la salle, comble. Et pour cause, une audition cristallise toutes les attentions: celle de Carl Bildt, ancien premier ministre suédois (1991-1994), puis ministre des Affaires étrangères de 2006 à 2014.
L’homme, toujours influent en Suède, n’est pas le témoin le plus important de l’affaire jugée mais est de loin le plus célèbre. Et rejoint la soixantaine d’autres appelés à la barre dans ce procès d’une ampleur inédite. Plusieurs centaines de jours d’audience prévus, 32 plaignants, dix ans d’enquête. Sur le banc des accusés, une entreprise, Lundin Oil (devenue Orrön Energy après avoir vendu ses actifs pétro-gaziers à la société norvégienne Aker BP en 2022). Mais aussi deux hommes. Ian Lundin et Alexandre Schneiter, l’un Suédois, l’autre Suisse, mais tous deux résidents helvètes, étaient respectivement président du groupe et directeur général. Ils sont accusés et présumés innocents de «complicité de crimes de guerre», commis entre 1999 et 2003 au Soudan, sur le territoire du «Bloc 5A», dans ce qui allait devenir le Soudan du Sud.


4 month_ago
67





















.jpg)






French (CA)