De partout, elle nous regarde, lunettes rondes, coupe au carré. Elle est là, stylisée, reproduite en photocopies, au pochoir, en peinture, au crayon, en pin’s, en affiches, multipliée par deux, par trois, par cent: Simone Weil (1909-1943), philosophe, résistante, ouvrière, syndicaliste, vie incandescente et tragique de 34 ans seulement, des écrits, fulgurants, presque tous posthumes. Ses mots sont partout: pesanteur, grâce, enracinement, attention, âme, droits, obligations, tout un vocabulaire circule de banderoles en cartons, de bouche à oreille… «Simone veille» promet une inscription, «Simone revient!», lance une autre.
Au Pavillon Sicli, devenu depuis le 31 mars, le Pavillon Simone Weil – une «sculpture» vivante à la mémoire de la philosophe, construite par l’artiste Thomas Hirschhorn aidé d’une cinquantaine de «coopérantes» et «coopérants» – chacune, chacun semble avoir trouvé, au fil des semaines, sa façon de lui rendre hommage.


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