Rarement offerte au regard, sinon de loin, depuis une fenêtre voisine, la vitre d’un train ou le bas d’une rue, la toiture appartient à cette part discrète du bâtiment que l’œil devine sans jamais tout à fait la rejoindre. Elle protège, recueille et évacue l’eau, porte des ventilations, parfois du gravier, de plus en plus souvent des panneaux solaires. Longtemps reléguée au rang de surface utile, elle voit pourtant son destin changer à mesure que les villes se densifient et que se réveille le désir d’air, de lumière et d’espaces partagés. Au-dessus des logements, un territoire longtemps tenu à distance commence ainsi à entrer dans la vie de l’habitat.
Pour Craig Verzone, architecte paysagiste, urbaniste, fondateur et directeur associé de l’atelier Verzone Woods Architectes (VWA), à Vevey, cette évolution traduit la pression nouvelle exercée sur les surfaces disponibles en milieu urbain. Longtemps tenue à l’écart des usages ordinaires, la partie supérieure du bâtiment entre désormais dans le projet architectural et paysager. «Les spécialistes la désignent volontiers comme la cinquième façade.» Hier essentiellement technique, cette façade du haut doit désormais produire de l’énergie, accueillir du végétal, parfois offrir un usage aux habitants et habitantes. La promesse est séduisante. Elle est aussi conflictuelle. Car le solaire, les équipements techniques et la présence humaine ne se partagent pas toujours spontanément le même morceau de ciel.


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