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En rachetant une à une les maisons de Miquelon pour les reconstruire plus haut, l’État a littéralement mis en route le déménagement d’un village français tout entier

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Miquelon compte 600 habitants et 340 maisons, toutes bâties à 2 mètres à peine au-dessus de la mer. Pour les mettre à l’abri, l’État rachète chaque maison et finance la reconstruction du village 1,5 km plus loin, à 10 mètres d’altitude au minimum. C’est le premier village français déplacé à cause du réchauffement climatique.

Il y a 340 maisons à racheter, une par une.

À retenir

  • 340 maisons seront rachetées et reconstruites à 10 mètres d’altitude minimum, 1,5 km plus loin
  • L’État finance le projet à hauteur de 70 millions d’euros puisés dans le fonds Barnier pour les catastrophes naturelles
  • La relocalisation complète s’étalera sur 50 à 70 ans, avec des phases de travaux pour les réseaux et infrastructures

Sommaire

  1. Un village posé sur un banc de galets
  2. Le montage : l’État achète, la Collectivité cède le sol
  3. Cinquante à soixante-dix ans de travaux
  4. Tous n’ont pas envie de partir

Un village posé sur un banc de galets

Miquelon appartient à la commune de Miquelon-Langlade, dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, au large de Terre-Neuve, dans les eaux froides de l’Atlantique Nord. Les menaces s’additionnent : submersion marine pendant les tempêtes, hausse attendue du niveau de la mer, dégâts récurrents sur l’isthme et sur sa route, la CT40. Wikipédia ajoute la disparition des icebergs qui cassaient autrefois la houle, un point que je n’ai pu recouper avec aucune autre source.

Le calendrier ressemble à une lente montée en pression. En 2014, François Hollande visite l’archipel, et il n’en sort qu’une interdiction de construire dans le village à partir de 2018. En novembre 2018, deux tempêtes aux rafales de plus de 150 km/h inondent 32 maisons en pleine nuit, soit près d’une sur dix. Le projet devient un projet de territoire en 2020, puis l’ouragan Fiona, en 2022, agit comme un « dernier coup de massue psychologique », selon les chercheurs de The Conversation.

Des ateliers de travail pluriannuels se tiennent depuis 2023.

Le montage : l’État achète, la Collectivité cède le sol

L’État évalue chaque maison, puis la rachète. L’enveloppe est estimée à 70 millions d’euros, puisée dans le fonds Barnier, prévu pour indemniser les catastrophes naturelles. En divisant grossièrement par le nombre de maisons, cela donne un peu plus de 200 000 euros par habitation.

Côté terrain, la Collectivité territoriale, propriétaire du foncier, cède la parcelle neuve pour 1 euro symbolique. Cette parcelle peut être jusqu’à 40 % plus petite que l’ancienne, et les propriétaires disposent de 3 ans pour construire.

Le chantier se fait souvent en famille. Une fois le gros oeuvre réalisé, murs et charpente, toute la famille s’y met pour finir la maison, une tradition à Saint-Pierre-et-Miquelon. Mildrède Bonnieul, future propriétaire d’une maison presque achevée, espère y fêter le Noël prochain. Selon Radio-Canada, 10 maisons sont en construction, dont une pratiquement terminée que le président a visitée, lors de son passage du dimanche 20 septembre 2026.

Cinquante à soixante-dix ans de travaux

La relocalisation complète est planifiée sur 50 à 70 ans.

Fin 2024, le projet est lancé. La première phase de travaux prolonge les réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité jusqu’au nouveau site, avant une nouvelle centrale électrique et une nouvelle station d’épuration. La suite s’annonce coûteuse : la deuxième phase nécessite 25 millions d’euros, selon les élus locaux.

Les sources divergent sur la distance parcourue, 1,5 km pour les chercheurs, « un kilomètre » pour l’AFP. Le nouveau site, lui, se situe au moins 10 mètres au-dessus de l’eau, une marge choisie pour tenir compte des projections d’élévation de la mer.

Tous n’ont pas envie de partir

La submersion n’est pas attendue avant plusieurs décennies.

Cela nourrit le scepticisme. Dans le village originel, la relocalisation, perçue parfois comme de la précipitation, est loin de faire l’unanimité. Lise Leuloche, 73 ans, résume : « déménage qui veut ». Elle s’inquiète de voir l’eau se rapprocher, mais vit seule et n’a pas les moyens de se lancer. Henriette, épouse de l’ancien maire, dit ne pas avoir envie de déménager à 80 ans.

Un éleveur de 32 ans, Kevin Detcheverry, projette de racheter une ferme de canards en zone rouge, vouée un jour à la submersion. Emmanuel Macron lui a répondu que la démarche se fait sur la base du volontariat, avec un accompagnement.

Dans le village actuel, la boulangerie, flambant neuve, cherche un repreneur : le dernier locataire venu de métropole a jeté l’éponge.

Sources : ici.radio-canada.ca | en.wikipedia.org | boursorama.com

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