Le lac de Naussac s’étend sur 10,8 km², en Lozère, et il recouvre les rues d’un village. Sa construction, entre 1976 et 1980, a mis sous l’eau l’ancien village de Naussac et suscité des mouvements de contestation. La retenue peut stocker 185 millions de m³ d’eau, destinés à soutenir l’Allier et la Loire quand leur débit s’effondre l’été.
L’eau lâchée à Naussac met 6 jours pour atteindre la centrale nucléaire de Belleville, dans le Cher.
À retenir
- Le barrage de Naussac a submergé un village de Lozère et 50 exploitations agricoles entre 1976 et 1980.
- Entre 30 000 et 40 000 habitants se sont mobilisés en août 1977 contre la destruction du village.
- La retenue stocke 185 millions de m³ d’eau destinés à soutenir l’Allier et la Loire jusqu’aux centrales nucléaires.
Sommaire
25 ans de projet, puis un chantier sous tension
Le barrage ne sort pas d’un chapeau en 1976. Lancé par EDF au début des années 1950, le projet est repris en 1968 par l’agence de l’eau Loire-Bretagne. L’idée : créer en Lozère une retenue d’environ 190 millions de m³ pour assurer à la Loire un débit plus régulier. L’ouvrage est situé sur le Donozau, un affluent de l’Allier.
La déclaration d’utilité publique tombe le 6 février 1976.
Les travaux commencent le 1er octobre 1976, moins de 8 mois plus tard. Des manifestations viennent les perturber, portées par des habitants qui s’opposent à la destruction d’un village. Elles n’empêcheront pas l’achèvement du barrage en 1980.
50 exploitations agricoles et une messe en plein champ
La cuvette prévue pour le lac était occupée par 50 exploitations agricoles, qui nourrissaient 800 bovins et 1 000 moutons. Les agriculteurs du comité de défense de la vallée de Naussac contestent le projet dès le départ.
Au printemps 1977, aux élections municipales, des équipes hostiles au barrage sont élues à Langogne et à Naussac. Les 6 et 7 août 1977, la mobilisation change d’échelle : jusqu’à 30 000 à 40 000 manifestants, selon Wikipédia, qui signale elle-même un flou sur les chiffres. Une messe en plein air est organisée sur un point de rassemblement situé en plein champ, loin des villages et du chantier. De nombreux jeunes campeurs s’y rallient et multiplient les actions.
Une rivière sous perfusion, jusqu’aux centrales nucléaires
Vannes fermées en 1980, lac plein deux ans plus tard.
Mis en service en 1983, l’ouvrage a une vocation unique : le soutien d’étiage de l’Allier et de la Loire. Ce soutien sert l’irrigation, l’eau potable et le refroidissement des centrales nucléaires situées en aval, ainsi que les besoins des milieux naturels. Le lac est alimenté à 50 % par une dérivation du Chapeauroux, à 40 % par pompage dans l’Allier et à 10 % par pompage sur le Donozau.
Pendant l’étiage, des consignes de lâchures quotidiennes partent d’Orléans, envoyées par l’Établissement public Loire, puis sont transmises aux barrages. Les calculs tiennent compte des délais de propagation et de la prévision du débit naturel pour les 6 jours à venir.
L’usine de pompage et turbinage compte 3 groupes réversibles, d’une capacité maximale de 15 m³/s. Elle restitue l’eau de la retenue et produit de l’électricité réinjectée dans le réseau. L’eau ressort dans le Donozau, à l’aval de l’ouvrage.
Quand le lac baisse, les vestiges refont surface
Le lac n’a rien d’un réservoir inépuisable. À l’été 2022, il n’affichait que 30 % de sa capacité normale. Lors d’une baisse historique du niveau, des vestiges ont retrouvé la lumière du soleil. À l’automne 2023, le taux de remplissage du barrage était descendu à 25 %.
Par arrêté préfectoral du 5 octobre 2023, le préfet de Lozère a autorisé l’Établissement public Loire à réduire le débit moyen garanti de l’Allier à Vieille-Brioude, de 6 à 5 m³/s. La levée de la mesure était prévue au plus tard le 31 décembre 2023. La préfecture voulait ainsi conserver la capacité de soutien de l’Allier à moyen et long terme, dont dépend l’eau potable de nombreuses communes de l’ouest de la Haute-Loire.
Sources : haute-loire.gouv.fr | reussir.fr


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