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Les incendies ravagent le pays depuis plusieurs jours, où le phénomène climatique El Niño accentue la sécheresse.

Des automobilistes conduisent à travers la fumée, à Palangkaraya (Indonésie), le 20 août 2026. Des automobilistes conduisent à travers la fumée, à Palangkaraya (Indonésie), le 20 août 2026.

Depuis le début de l’année, les feux de forêt ont ravagé plus de 200 000 hectares en Indonésie, dont 95 000 lors du seul mois de juillet, ont déclaré les autorités du pays, le jeudi 20 août. Selon elles et les experts locaux, le pire resterait à venir.

La fumée des incendies règne encore dans une grande partie de l’île de Bornéo, notamment dans la ville de Palangkaraya, la capitale du Kalimantan central. « C’est dur », s’est désolé Yudho Shekti Mustiko, un responsable du ministère des forêts. « Nous devons tenir bon, car septembre et octobre vont être très secs », a-t-il ajouté.

La saison des feux vient seulement de commencer, et est renforcée cette année par le phénomène climatique El Niño qui accentue la sécheresse : la surface brûlée dans le pays est d’ores et déjà supérieure à celle des précédents épisodes El Niño, de 2019 et 2023, mais n’a pas encore atteint le record de 2015, lorsque des millions d’hectares avaient été ravagés par les flammes.

La partie malaisienne de Bornéo est cependant plongée dans la fumée. Dans six zones de l’Etat de Sarawak, les habitants ont été invités à se confiner en raison d’une atmosphère polluée. A Palangkaraya, le maire a invité la population faire de même et à porter un masque. Les automobilistes doivent composer avec une très faible visibilité en plein jour.

Effets de l’intervention humaine

Le ministre des forêts, Raja Juli Antoni, a déclaré mercredi que les experts guettaient l’apparition des nuages pour entreprendre des opérations « d’ensemencement », une technique consistant à provoquer artificiellement des pluies en dispersant en altitude des produits comme de l’iodure d’argent.

El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial se réchauffent, ce qui entraîne pendant des mois des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l’échelle mondiale.

Les experts pointent également les effets de l’intervention humaine : « L’ampleur des feux aujourd’hui est aussi l’héritage de quatre décennies de déforestation, qui ont transformé de vastes zones en barils de poudre, explique David Gaveau, le fondateur du site de surveillance de la déforestation Nusantara Atlas. Seule la pluie arrêtera les feux, mais c’est improbable avant novembre », ajoute-t-il.

Le Monde avec AFP