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Suez, canal historique
L’épisode 2 sera disponible prochainement.
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Par Samuel Forey
Publié aujourd’hui à 06h00Article réservé aux abonnés
Récit« Suez, canal historique » (1/6). En 1869, la création d’un axe maritime permettant de relier la Méditerranée et la mer Rouge, exploité par les Français et les Britanniques, fascine l’Europe. D’abord symbole d’oppression coloniale pour le peuple égyptien, la voie d’eau devient un instrument d’émancipation quand le président Nasser annonce sa nationalisation, il y a tout juste soixante-dix ans, le 26 juillet 1956.
A l’entrée du canal de Suez, un homme seul garde un socle vide. L’homme ne parle pas et personne ne vient parler à l’homme. De ce côté-là, le piédestal ne porte aucune inscription. Avant, il était possible de monter dessus pour profiter d’une des plus belles vues du nord de l’axe maritime, la ville de Port-Saïd, côté Méditerranée. C’est devenu impossible en 2014, après l’élection du tout-puissant président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, arrivé au pouvoir après un coup d’Etat militaire en 2013.
Sur le socle se dressait la statue de Ferdinand de Lesseps (1805-1894), l’entrepreneur français qui mena le creusement de l’axe maritime au XIXe siècle. Le monument, inauguré en 1899, trente ans après l’ouverture du canal, culminait à 17 mètres de haut. Symboliquement, le diplomate-né tournait le dos à la ville pour mieux accueillir les navires qui s’apprêtaient à franchir « son » œuvre. De la main gauche, il tenait le plan de la voie d’eau. Et de la main droite, d’un geste auguste, il invitait à emprunter cette porte de l’Orient. Sur le socle, côté mer, figurait la devise qu’il avait choisie pour le canal : Aperire terram gentibus (« Ouvrir la terre aux hommes »).
La construction de l’axe maritime actuel a commencé non loin. Il y a un peu plus de cent soixante-sept ans, il y avait ici une langue de terre large de 300 mètres, balayée par deux flots. Ceux venant du nord, de la Méditerranée. Et ceux venant du sud, de l’immense lagune de Menzaleh, alimentée par le Nil. Cette confrontation a peu à peu façonné ces étroits couloirs aux airs d’atolls, courant le long de la côte égyptienne. Vivaient entre terre et mer des communautés de pêcheurs qui profitaient de ces eaux poissonneuses alimentées par le fleuve africain. Plus loin vers l’est, des tribus bédouines se partageaient le désert.
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